Les clips de la semaine #308 – Partie 1

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Tout de suite, on vous fait découvrir la première partie notre 308ème sélection des clips de la semaine.

PLETHORE – Atlantic

PLÉTHORE revient avec Atlantic, un titre qui sent les consoles analogiques d’une autre époque. Le clip est simple, presque minimaliste : l’artiste lui-même, reconnaissable sans jamais être tout à fait identifiable, déambule sur des fonds colorés qui défilent comme des diapositives oubliées dans un grenier.

C’est la musique qui porte tout. Les synthés sont épais, les basses profondes, et l’ensemble respire les années 70 avec aisance. Atlantic ne cherche pas à impressionner mais à faire bouger. Il y parvient sans effort, avec cette nonchalance propre aux morceaux bien construits. La tête suit avant même qu’on l’ait décidé.

Ariana Grande – Hate That I Made You Love Me

Avec ce nouveau clip, Ariana Grande revient en force dans un univers sombre et cinématographique. Tout commence comme une scène de crime : un homme semble enterrer un corps, mais il bascule rapidement dans la paranoïa car Ariana est partout. Ce qu’il croyait avoir enterré pour toujours ressurgit, et c’est finalement elle, resplendissante dans sa robe jaune iconique, qui saisit la pelle pour l’enterrer vivant et reprendre le pouvoir. Réalisé par Christian Breslauer, le clip plonge dans un cauchemar éveillé où la chanteuse, d’abord enfouie, devient une présence inévitable et omniprésente.

Sur le plan textuel, Hate That I Made You Love Me parle d’une relation où Ariana reconnaît qu’elle est celle qui a fait naître ou ravivé l’amour de l’autre, tout en sachant qu’elle peut aussi le briser. Le titre résume cette tension : elle déteste peut-être le pouvoir qu’elle a eu sur les sentiments de l’autre, mais elle assume l’impact de ses actes. C’est une chanson sur la fascination, la manipulation émotionnelle et la responsabilité dans l’amour. Ce single est le premier extrait de son futur album Petal, prévu le 31 juillet, avec 12 titres inédits.

Yael Naim – When we go to bed

En plein Solaire Tour, Yael Naim continue de déployer son univers et de mettre ses émotions en musique et en images. Cette semaine, l’artiste aux multiples facettes nous dévoile le clip pour accompagner When we go to bed.

Un morceau singulier, à la beauté étrange mais non moins évidente, dans lequel Yael Naim parle de ce moment qu’on connaît tous, juste avant de s’endormir. Ce sentiment d’être en deux mondes, entre réalité et rêve. Ce moment où le corps lâche prise et où notre imaginaire nous transporte ailleurs. Dans un monde onirique, peuplé de souvenirs auxquels nous redonnons vie pour créer de nouvelles histoires.

Le clip, qu’elle signe encore une fois, nous transporte dans cet entre-deux mondes. Images ralenties, flashs lumineux, environnement énigmatique, la présence de l’eau comme un clin d’œil à Dream, bribes d’images floues comme sorties d’un rêve : un clip hypnotique, poétique à la puissance évocatrice.

Nothing But Thieves – Evolution

Nothing But Thieves est de retour avec une explosion nommée Evolution. Un riff endiablé débute ce morceau, rapidement rejoint par un chant en résonance, éthéré. Puis le rythme survient, léger au début, puis inonde nos sens en arrivant sur le premier refrain.

Les performances vocales de Conor Manson sont poignantes, immensément justes et habitées. Véritable hymne pour les fans de la première heure, Evolution sonne le retour aux sources du groupe. Un rock immersif, rassembleur, authentique.

Evolution évoque la nécessité d’accepter les changements, qu’il est parfois normal d’expérimenter, afin de mieux se retrouver. De retour dans leur registre d’origine, Nothing But Thieves dédient ce titre à leur public, à leur entourage. Le titre va crescendo, et termine sur un riff et guitare éclatant et un bouquet final sur un dernier refrain exaltant.

Pills For Tomorrow – New Joy

Mystérieux quintet grenoblois, Pills for Tomorrow affirme leur identité shoegaze psychédélique, profondément inspirée de la scène anglophone des années 90. Formé en 2023, le groupe sort en 2024 un premier EP Castle Rock, qui dès le départ pose des bases ultra solides. Un rock psychédélique rappelant un Mogwai plus pop et frais, Pills For Tomorrow assume un style à la fois rétro mais profondément actuel. 

Cette semaine, la formation dévoile un single annonciateur de la suite de leurs aventures. New Joy vient ravir nos oreilles aujourd’hui, écrin shoegaze aux élans groovy dans la basse. Des chœurs de voix lointaines, comme un mantra, nous encouragent à aimer ce qui nous rend unique, qui nous fait sortir des cases. Accompagné par un clip aux allures psychédéliques, aux couleurs saturées, on se prend à s’imaginer au premier rang de leur concert, prêt à danser. 

VONFELT – Velours

En temps normal, se prendre les pieds dans le tapis n’a jamais rien de bon. Mais quand VONFLET le fait, ça passe ! Dans son éternel studio et sous l’œil fidèle de son réalisateur Simon Vanrie, VONFELT patauge, rampe, ondule comme un ver dans un tapis de velours bleu pour mieux s’élever progressivement. Finalement, il va prendre des coups invisibles comme synchrones avec son synthé et rechuter.

Le travail de VONFELT joue beaucoup sur la lenteur et la suggestion. La douceur du velours se frotte à une douleur insidieuse. Tout au long du morceau, VONFELT est dans une forme de retenue comme pour renforcer l’aspect mélancolique de son propos. Sa voix légèrement déformée pour prendre davantage la distance. Le souvenir amoureux devient une matière qui se ressent. Alors que le chanteur se positionne au centre de son clip, c’est bien l’absence qui nous saisit.

Délicat dans ses arrangements, VONFELT signe avec Velours un morceau minimaliste et soyeux – justement – qui donne son nom à son nouvel EP. Une affaire à suivre !

Emma Ruth Rundle – Powerless

Un besoin viscéral de créer au milieu des cendres et du fracas. Beaucoup aspirent à créer, mais bien moins nombreux sont ceux qui savent par où commencer. C’est dans ces premiers instants de gestation que tout vacille, lorsque faire naître une idée, une envie ou un message demande déjà un effort contre l’indécision.

Et si le véritable secret tenait simplement dans le fait d’oser commencer sans s’attarder sur ses hésitations ? Accepter qu’un premier jet soit imparfait, le laisser exister tel quel pour mieux s’en nourrir ensuite, le transformer, le consolider. La destruction n’est jamais une fin en soi, elle devient un outil, une manière de dégager l’horizon pour permettre à quelque chose de plus juste d’émerger.

Dans la vie comme dans l’art, toute construction semble naître dans une forme de chaos. Avec ce nouveau titre, Emma Ruth Rundle façonne une matière plus brute, plus mélancolique, tirée de ses propres éclats de vie. Une sincérité à vif qui donne à Powerless toute sa justesse.

Son prochain album These Killing Times est attendu pour le 8 septembre, une sortie à suivre de près.

Alewya – Maktoub

Alewya nous dévoile le clip de Maktoub, un titre issu de son très attendu premier album ZERO, prévu pour le 26 juin prochain. Et autant vous le dire tout de suite : on a hâte !!

Avec ce nouveau morceau, l’artiste nous emmène une nouvelle fois dans son univers si singulier. Le clip, tourné dans les paysages spectaculaires de la région d’Afar en Éthiopie, fait écho à ses origines et apporte une dimension encore plus personnelle au titre. 

Entre désert majestueux et grands espaces, les images déploient un univers aussi onirique que somptueux.

Musicalement, Alewya continue de brouiller les frontières avec une aisance déconcertante. Sa voix oscille entre chant et rap, portée par une production à la fois énergique, organique et irrésistible. Maktoub détient cette énergie solaire qui donne instantanément envie d’être en vacances, de prendre la route et de l’écouter en boucle tout l’été. 

Visuellement, Alewya captive une fois de plus. Charismatique, libre, on la suit à moto à travers le désert dans des images qui renforcent encore le pouvoir évocateur du morceau.

Les fans de M.I.A. devraient d’ailleurs y trouver leur compte. On retrouve chez Alewya cette même capacité à mêler influences multiples, identité forte et productions percutantes, tout en construisant un univers qui lui est totalement propre.

Avec MaktoubAlewya confirme qu’elle est une artiste à suivre de très près. Une artiste qui séduit autant par son talent que par la richesse de son univers. Maktoub est le titre qui risque bien d’accompagner tout notre été.

CMAT – When A Good Man Cries

UCiara Mary-Alice Thompson, alias CMAT, est une artiste irlandaise qui s’est imposée comme l’une des voix les plus singulières de la scène indie pop et country. Poète du quotidien, férocement honnête et jamais dénuée d’humour, elle suit dans ses chansons la longue tradition des poètes engagés autant que celle des grandes storytellers de la country américaine. 

When a Good Man Criestourne autour de thèmes de réflexion, de remords et de rédemption : la narratrice y lutte avec l’envie de changer de comportement envers ses amants. Musicalement, le titre est un classique de country-rock immédiatement saisissant, qui évoque Stevie Nicks ou Tom Petty. 

Le clip, réalisé par Eilís Doherty, accompagne parfaitement l’énergie à la fois déchirée et libératrice du morceau. Celui-ci a d’ailleurs fait l’objet d’une reprise d’Olivia Rodrigo sur BBC Radio, ce qui a valu à CMAT une réaction aussi touchante que drôle sur Instagram : « elle l’a chanté mieux que moi, donc je suis grillée. »

MUSE – Nightshift Superstar

Nightshift Superstar est le cinquième extrait dévoilé par MUSE avant la sortie de leur prochain album The Wow! Signal, attendu le 26 juin 2027. Après Be With You, titre taillé pour les radios au grand dam d’une partie des fans, puis Cryogen et Unravelling, deux morceaux aux gros riffs comme on les aime, et enfin Hexagons, véritable odyssée spatiale, le trio prend cette fois une direction plus inattendue avec un titre aux accents pop, disco et électro assumés.

Matthew Bellamy revendique d’ailleurs ouvertement les influences French Touch de Daft Punk et Justice, sans oublier le disco d’ABBA. Les plus puristes diront sans doute que « ce n’est pas du MUSE », mais force est de constater que la formule fonctionne plutôt bien. Mention spéciale au bridge et à ses violons planants, où l’on retrouve cette touche si caractéristique qui fait l’identité du groupe. Le clip accompagne parfaitement l’ambiance du morceau.

Coloré, énergique et résolument rétro-futuriste, il met en images l’univers décalé du titre. Une réalisation efficace qui confirme que MUSE n’a toujours pas peur d’explorer de nouveaux territoires, quitte à bousculer les attentes de son public.

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