Les clips de la semaine #309 – Partie 2

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, on vous dévoile la seconde partie notre 309ème sélection des clips de la semaine.

PICOT – Plan Séquence

PICOT est « Presque Pop », c’est lui qui le dit et il le prouve parfaitement avec un superbe album qui porte dignement ce nom.

Et si vous avez besoin de vous en convaincre, on doit dire que Plan Séquence est une parfaite présentation du petit monde musical du musicien. Des influences anglaises, un amour pour le mot français, des guitares jamais très loin qui donne ensemble un tout parfaitement attachant, tendre et gentiment mélancolique.

Avec Plan Séquence, PICOT raconte la vie qui défile et sur laquelle on ne reviendra plus, un plan séquence qui ne s’arrête jamais et qui laisse des traces ici et là qu’on ne peut plus effacer. Une image qui nous colle à la peau, un petit mot qu’on regrette, une petite phrase qu’on n’a pas osé dire … Plan Séquence c’est l’existence qu’on observe et qu’on se refait encore et encore dans notre tête dans les moments de solitude.

Avec un titre qui fait frémir de bonheur tous les cinéphiles, on attendait beaucoup de la vidéo qui accompagnerait le morceau de PICOT.

Margaux Hontang accomplit parfaitement sa mission et même plus avec ce joli clip. Tout en décalage et en douceur, elle réalise ainsi un petit bout de pellicule qui colle parfaitement au titre. On suit ainsi les aventures de PICOT, jamais en avance dans son plan séquence, un peu perdu, toujours entrain de courir après la caméra, le bon angle, le bon positionnement et se prenant ici et là des petits coups du destin qui le mettent bien dans l’embarras.

La vidéo est drôle, parfaitement rythmée et transforme PICOT en Pierre Richard du clip musical. Un petit bonheur pour les yeux et les oreilles à apprécier à sa juste valeur.

J.Bernardt – Four In The Morning

J.Bernardt est de retour, il a le groove au corps, une grande envie de danser et la ferme intention de nous transmettre tout ça. Et c’est une grande réussite puisque le belge frappe fort cette semaine en nous dévoilant l’excellent Four In The Morning.

Un titre en guise d’apéritif et qui annonce l’arrivée d’un nouveau projet pour Jinte. À l’image de son titre, le morceau nous offre des effluves nocturnes, commence par des sonorités presque Gospel avant d’avancer progressivement vers quelque chose de plus expansif, volontairement joyeux et épique et contagieux. Entre une batterie entêtante, des chœurs absolument parfaits, une basse qui suit les bruits du cœur et sa voix de crooner, J.Bernardt nous offre avec Four In The Morning un titre extatique et réjouissant.

La vidéo qui l’accompagne, filmée à Los Angeles là où l’album a été enregistré, on suit J.Bernardt pour une, ou plusieurs, promenade nocturne qui bouge. Se fondant dans la nuit, le musicien s’autorise tout, la caméra le suit lui et ses mouvements de danse, porté par une énergie et une fureur de vivre absolument bluffante.

Un nouveau titre qui en appelle d’autres, puisque l’artiste a annoncé les premières dates de sa nouvelle tournée qui passera par l’Aéronef en décembre et la Gaîté Lyrique en janvier.

Les Vulves Assassines – Gladiateurs 

Entrée tonitruante ! Hier soir on a failli assister à une grosse bagarre, il faut qu’on vous raconte. Les Vulves Assassines, ce groupe d’électro-punk français, dont les titres accompagnent nos pas et nos luttes, nous en a mis plein les yeux et les oreilles sur leur morceau Gladiateurs. Extrait de leur dernier album Vulcanae Rock’n’Rolla. Qui de mieux placées que les Vulves Assassines pour tourner au ridicule l’affrontement de deux mâles alpha en sueur ? 

Le clip a été tourné au bar L’Arlequin à Aubervilliers, et c’est une véritable pépite de cinéma. On découvre d’abord la géniale Corinne Masiero derrière le comptoir. Accrochez-vous car l’intrigue démarre au quart de tour. Paf ! Il en faudra peu, trop peu, pour que nos deux protagonistes aient envie de succomber à la bagarre. La masculinité toxique est à son apogée, à la télévision et dans le bar. Deux équipes se forment. « Tu es musclé, il est musclé ! » Les mots sont lacérés et le refrain entêtant. Le rythme ne flanche pas. On souligne leur incroyable chorégraphie, les jeux de regards.

Sur le ring, les Vulves assassines prennent le rôle de véritables petits diables aux sourires narquois posés sur leurs épaules. Anges ou démons ? Pourtant quelque part dans les nuages, il existe une alternative. Nos gladiateurs des temps modernes sont à deux doigts de tomber amoureux. On se régale. Comme à leur habitude, l’humour est au rendez-vous. Malignes et engagées, on décerne le trophée aux Vulves Assassines ! 

The Kid LAROI – GIRLS (Live)

Cette vidéo live de GIRLS commence sur un coup de théâtre : alors qu’on pense le concert terminé, The Kid LAROI apparaît dans le public en lançant “Wait a minute Los Angeles, I can’t leave yet !”. C’est le début d’un rappel ultra-immersif et presque intimiste où l’artiste, accompagné de Belmont Cameli, plonge littéralement au cœur d’une foule en délire.

Le duo chante et danse, affichant une complicité et un plaisir de jouer complètement contagieux. Visuellement, le clip se démarque par son parti pris technique très immersif : toute la performance est capturée en plan-séquence, avec des mouvements fluides et un léger effet fish-eye qui nous plonge au plus près de l’action. Portée par une énergie brute et des jeux de lumière projetés directement au milieu du public, cette vidéo offre une proximité rare et transforme ce rappel en une fête mémorable.

Izïa – Mieux Que Nous

Parler d’amour en musique, rien de particulièrement nouveau là-dedans. Et pourtant, c’est toujours un des thèmes les plus visités du genre, avec des artistes qui en parlent sous tous les angles, du début à la fin, qu’il dure longtemps ou quelques secondes, qu’il soit sain ou toxique.

Cette semaine, Izïa revient 4 ans après son dernier album La Vitesse pour nous parler du travail nécessaire pour construire, entretenir, faire durer. Une balade qui s’appelle Mieux Que Nous, accompagnée très modestement par un piano et une guitare pour faire monter les émotions les plus pures. Côté images, on contrebalance la douceur du morceau par une virée en voiture qui secoue dans tous les sens, comme pour rappeler les turbulences qu’on rencontre tout au long d’une relation. Des choix qui font mouche et qui nous font imaginer qu’un nouvel album pourrait arriver prochainement.

On guette ça, et on vous en parle très vite !

Slow Pulp – Better Man

Les revoilà. Après de longs mois d’espoir et de spéculations autour d’un éventuel retour cette année, Slow Pulp confirme enfin sa renaissance avec Better Man.

À l’écoute de ce titre, une question s’impose : n’avez-vous jamais eu l’impression de tout gâcher ? De penser qu’une autre version de vous-même aurait pu faire mieux, être meilleure ? Ce sentiment d’inutilité qui vous ronge parfois de l’intérieur, éveillant chez ceux qui vous entourent une forme d’incompréhension, tant ce combat semble n’appartenir qu’à vous.

C’est précisément dans cet état d’esprit que nous plonge ce premier extrait du nouvel opus de Slow Pulp, attendu pour le 18 septembre. Entre mélancolie et quête de rédemption, le groupe livre une composition d’une intensité saisissante. Une chose est certaine : à entendre la force qui se dégage de cette nouvelle œuvre, Slow Pulp n’a aucune raison de se sentir inutile. Bien au contraire.

Oscar Emch – Illusions (ft. Anna Majidson)

Après Ma Voix, album introspectif et profond qui a pansé plus d’une plaie, Oscar Emch revient avec Illusions en collaboration avec Anna Majidson, et le retour est plus que doux. Le clip, lui, nous replonge dans une atmosphère de confinement assumée. Oscar est dans son petit cocon, Anna Majidson en visio, qui se déambule elle aussi de pièce en pièce, comme si le monde extérieur n’existait pas encore tout à fait. Il y a quelque chose de familier et de rassurant dans cette mise en scène minimaliste, presque intime.

Musicalement, on sent qu’Oscar Emch s’amuse. Il gratte, joue, expérimente et tout cela s’entend. La production fourmille de détails entre les couches de voix, les effets instrumentaux ce qui rend l’écoute attentive. Et pourtant, Illusions reste un titre accessible, ce qui est loin d’être acquis quand on joue sur autant de strates sonores à la fois.

Trouver cet équilibre relève d’un vrai défi. Oscar Emch le relève sans difficulté, dans la continuité naturelle d’un titre (si ce n’est un hit) comme Mumu. L’artiste interprète le tout avec une aisance qui nous donne presque envie, nous aussi, de chanter sans honte. On est à deux doigts de ressortir le karaoké.

she’s green – close your eyes

Tout comme she’s green, nous rêvons pour nous souvenir, pour ne pas laisser s’effacer ces instants de grâce que la vie dépose parfois sur notre chemin, aussi fugaces soient-ils.

À mesure que se rapproche la sortie de leur premier album, close your eyes vient poser un voile réconfortant sur cette impatience aussi glaciale qu’intense. Ce nouveau fragment musical confirme une fois de plus le talent du groupe à marier des paysages sonores aériens et délicats à une matière plus brute, plus viscérale.

Avec chaque nouveau morceau dévoilé, she’s green façonne un univers où la poésie flotte au-dessus des guitares comme un souvenir que l’on refuse d’abandonner. swallowtail, attendu le 10 juillet, s’annonce déjà comme l’une des plus belles évasions de l’été. D’ici là, inutile de contenir votre excitation : tout commence ici.

FKJ – Soulmates

C’est un petit évènement qui prend place sous nos yeux. Après un VINCENT très réussi, FKJ annonce son retour dans nos écouteurs avec son nouveau single, Soulmates.

On sent de suite une énergie plus directe, cherchant moins à faire dans la contemplation et qui se situe d’avantage dans un courant Pop assumé. Le travail autour des voix reste le même, la seule différence étant que les tons graves de la voix de FKJ sont ici mis en avant dès l’entrée du chant.

Une des choses qui nous frappe, c’est bien évidemment, et ce comme d’habitude, la grande efficacité des boucles écrites par Vincent Fenton. Le refrain est une leçon d’accroche et de mélodie entraînante, le tout soutenu par un ostinato de guitare électrique dont sa saturation donne beaucoup de caractère à l’ensemble.

Visuellement, le clip de Soulmates reste dans la continuité du travail produit à l’époque pour VINCENT. La réalisation est soignée, et met en avant des idées simples. Au départ, la vidéo met en place une succession de plans fixes qui permet de poser le grain d’image particulier et caractéristique de l’identité visuelle de FKJ.

En même temps que le morceau s’emballe, la réalisation elle aussi s’active avec notamment des travellings circulaires qui viennent habiller les refrains et le sprint final du single. 

En sommes, FKJ signe un retour fort de caractère en démontrant une continuité certaine avec ses travaux précédents tout en s’émancipant de l’identité très contemplative qu’avait développé VINCENT. Une mise en bouche parfaite pour nous faire patienter jusqu’à l’arrivée de Tyber, le 11 septembre prochain.

Cardinals – I Like You

L’un des albums les plus percutants du début d’année poursuit sa traversée, ravivant une attention que d’autres projets plus récents avaient peu à peu détournée.

I Like You est sans doute le morceau le plus doux et le plus acide du premier album de Cardinals, Masquerade, paru en février dernier. Il est saisissant de voir comment la fragilité de cette chanson parvient à éveiller en nous quelque chose de profondément intense.

Mélancolie et regrets n’y sont pas de simples ornements : ils dessinent d’abord une toile sombre, presque opaque, qui, à mesure que l’on s’en approche, laisse apparaître de subtils éclats de lumière. Une manière délicate pour le groupe de transformer un souvenir peut être douloureux en un espace de résonance, où chacune et chacun peuvent se reconnaître et se sentir compris

Si vous souhaitez découvrir, ou redécouvrir, ce premier album, ce titre en est sans doute la porte d’entrée la plus sincère.

feeble little horse – Doorway

feeble little horse a sorti des clips tout aussi bizarres et aléatoires pour leur nouvel album bitknot, paru le 26 mai. Depuis 2021, le groupe de Pittsburgh revisite et mélange shoegaze, noise rock et dream pop en y intégrant des sonorités plus électroniques et propres à l’ère numérique (boîtes à rythmes, samplers, glitch).

Dans le clip de Doorway, des objets de l’enfance sont animés. Des peluches s’agitent, se déplacent ou tournent sur elles-mêmes tandis que des crayons de couleur disparaissent sur une étagère dans une embrasure de porte. Le but de Doorway n’est pas de faire l’apologie du matérialisme, mais plutôt de transcrire ce sentiment de nostalgie que l’on ressent en s’aventurant dans le grenier de notre enfance. Cette embrasure de porte, qui passe souvent inaperçue, est en réalité pleine d’objets qui attendent qu’on les retrouve. « We’re in the doorway » (« on est dans l’embrasure de la porte ») reflète le point de vue de ces objets-là. 

Jessie J – CALIFORNIA

Avec le clip de CALIFORNIA, Jessie J assume à 100 % les clichés de la côte ouest américaine. Enchaînant les plans sous le soleil et les palmiers, elle coche toutes les cases de la panoplie hollywoodienne : une déambulation sur le célèbre Walk of Fame, la présence de collines qui rappellent instantanément Hollywood Hills, le tout agrémenté d’une virée en limousine, d’une piscine turquoise et de grosses chaînes d’or.

Loin d’être un défaut, ce parti pris ultra-cliché est la grande force de la vidéo. Sans chercher à réinventer la roue, la chanteuse insuffle une énergie et une autodérision contagieuses dans ces visuels. Le résultat est une capsule pop et rétro du rêve américain, terriblement efficace, qui offre un shot de nostalgie sans prétention.

Angus & Julia Stone – Karaoke Bar 

Après le succès de Cape Forestier en 2024 et une tournée mondiale sold-out, le duo australien Angus & Julia Stone annoncent aujourd’hui un septième album studio, Karaoke Bar, attendu pour le 4 septembre 2026 chez Virgin Music.  

Le single éponyme est né d’une nuit passée sur l’île grecque d’Hydra, à quelques pas de la maison de Leonard Cohen. Le morceau mêle les textures folk-pop oniriques qui ont fait leur renommée à un sentiment d’élévation collective et de connexion humaine. Julia Stone en résume l’esprit avec une simplicité désarmante : « Une nuit dans un bar karaoké peut receler tant de bonnes choses. Tout le monde a la chance d’être entendu. On se retrouve à chanter avec une salle pleine d’inconnus, et tout ce qui nous sépare dans la vie ordinaire s’efface. » 

Le clip, réalisé par Julia Stone elle-même et tourné dans les paysages sauvages de Tasmanie, met en scène l’acteur américain Garrett Hedlund. Il suit une figure solitaire qui trouve une compagnie inattendue au fil d’une rencontre en apparence anodine. Hedlund, visiblement touché par l’expérience, confie : « J’ai dit oui sans hésiter, parce que je savais que ce serait non seulement une aventure, mais inévitablement de la poésie. » Un beau reflet d’un morceau qui célèbre, au fond, la magie des rencontres imprévisibles. 

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