Rencontre avec Luvcat

La Face B a rencontré Luvcat au festival We Love Green. Révélation de la scène alternative britannique, cette artiste de Liverpool construit un univers où romantisme et macabre se rejoignent — histoires d’amour crues, honnêtes et peuplées de fantômes, de vampires et de passions dévorantes. Avec son EP Lovebites, elle pousse plus loin encore son esthétique théâtrale et cinématographique. Souriante, spontanée et volontiers irrévérencieuse, Luvcat parle de son écriture comme d’un terrain de jeu où se croisent rêves, souvenirs et imagination tordue. Elle revient sur la naissance de Lovebites, son goût pour les récits sombres, l’influence de Liverpool et ses collaborations avec John Cooper Clarke et Pete Doherty. Une interview à son image : romantique, théâtrale, drôle et délicieusement gothique.

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« J’étais une enfant gothique très théâtrale. En grandissant, j’ai peut-être essayé d’atténuer ça. Aujourd’hui, je n’en ai plus rien à foutre. » Luvcat

La Face B : Bonjour Sophie, c’est un vrai plaisir de te rencontrer aujourd’hui. Ça fait un moment. J’ai l’impression de te connaître à travers ta musique. Lovebites ressemble à une extension plus sombre, plus viscérale de Vicious Delicious. Qu’est-ce qui a changé émotionnellement et créativement entre ces deux EPs ?

Luvcat : Eh bien, Lovebites a été conçu volontairement comme un EP de murder ballads. Je voulais trois chansons supplémentaires, plus sombres et légèrement macabres, pour accompagner He’s My Man, qui parle déjà d’empoisonnement lent. Et oui, c’est simplement ce vers quoi je me dirigeais naturellement parce que j’avais beaucoup de véritables histoires de fantômes que je voulais raconter.

La Face B : Le mot Lovebites est très dual. C’est romantique, mais aussi un peu violent et passionné. Qu’est-ce qu’il représente pour toi aujourd’hui ?

Luvcat : Je pense que cette polarité, ce balancier qui oscille entre ces deux extrêmes, traverse Vicious Delicious comme cet EP. C’est quelque chose avec lequel j’adore jouer. Je voulais choisir le mot Lovebites parce que, comme tu le dis, il peut être perçu de manière érotique, mais il peut aussi évoquer la morsure de l’amour et les bleus qu’il laisse. Et c’est ce qui me fascine le plus dans l’amour en général : ces deux extrêmes.

La Face B : Si on parle de Vampire at the Beachj’ai chroniqué le clip — il paraît encore plus cinématographique. C’est une entrée très cinématographique dans Lovebites, comme un court-métrage sur une côte gothique. Quand tu as construit cette chanson, as-tu pensé d’abord en termes de narration ou de son ?

Luvcat : Avec Vampire, j’essaie de me souvenir comment tout a commencé. Ça a commencé au piano. Pour le clip, je savais que je voulais recréer une scène de Sweeney Todd où Johnny Depp et Helena Bonham Carter sont assis sur une plage. Ils ont ce côté très gothique devant un ciel bleu éclatant et un décor magnifique derrière eux. Ils ont tous les deux l’air un peu sonnés et misérables. C’était donc la première scène que je voulais recréer, avec elle en pantalon bouffant et tout le costume de bain édouardien.

Et puis après ça, je me suis un peu emballée et j’ai voulu résumer tout l’EP ainsi que cette idée d’amour torturé. C’est pour ça que je voulais être attachée à une roue tournante comme une roue de la mort avec un lanceur de couteaux. Et toutes ces scènes d’électrocution sur une chaise électrique participent à cette idée d’un amour à la Morticia et Gomez, à la fois passionnel et torturé.

La Face B : Les paroles sont elles aussi très visuelles. On y trouve une imagerie fellinienne, une romance déformée, une forme de décrépitude onirique. Écris-tu à partir d’images que tu vois ou apparaissent-elles après avoir créé la musique ?

Luvcat : Je crois que je puise toujours dans des lieux où je suis allée, que ce soit éveillée ou endormie. Parce qu’évidemment, il y a des endroits sur lesquels j’écris sans y avoir jamais mis les pieds physiquement, mais où je suis peut-être allée dans un rêve.

Par exemple, dans Vampire at the Beach, je chante sur Capri. Je me souviens que lorsque j’étais plus jeune, j’y suis allée avec ma famille. J’observais tous ces corps dorés et heureux sur les plages de galets. Et j’imaginais alors mon amoureux, très pâle, mélancolique et vampirique, à côté de moi, et ce que cela ferait de l’avoir à mes côtés dans ce décor.

La Face B : Si l’on parle de Lipstick, par exemple, l’atmosphère semble très différente de cette noirceur. Moins surnaturelle, plus sociale, presque performative. La chanson parle de femmes qui deviennent plusieurs personnages pour être aimées. D’où vient cette idée ?

Luvcat : Oui ! C’était simplement, probablement, un kink en réalité. Une idée un peu kinky. Ça vient de mon envie d’explorer le kink, puis le clip s’est construit autour des paroles. Comme tu le dis, tous ces personnages que nous pouvons devenir, volontairement ou à contrecœur, pour un amant afin d’attirer son attention. Moi, j’étais toujours heureuse d’être ce personnage.

La Face B : C’est génial parce qu’il y a la cow-girl, l’infirmière… C’est très cinématographique dans la manière dont tu le fais. On a l’impression de te suivre dans un petit film, sans savoir ce que tu vends, mais on l’achète quand même. Tes visuels sont extrêmement reconnaissables. Tu as une direction artistique très précise : les sols en damier, les manteaux rouges, noirs et blancs, l’imprimé léopard, les mises en scène cinématographiques. À partir de quand une oeuvre devient-elle typiquement « Luvcat » ?

Luvcat : Je ne sais pas. Honnêtement, tout ça est arrivé de manière très accidentelle pour moi. J’étais obsédée par Alice au pays des merveilles et le damier est devenu une partie de cet univers. J’ai toujours adoré les rideaux de velours rouge. Puis un jour, j’ai porté du léopard. Enfin, pas accidentellement. C’était la première fois de ma vie que je portais de l’imprimé léopard, juste avant un concert. Et ensuite la vidéo a explosé en ligne et le léopard est soudainement devenu ma signature, alors que je n’en avais jamais porté auparavant.

Tout s’est fait naturellement, mais j’ai l’impression de revenir à la personne que j’étais enfant. J’étais une enfant gothique très théâtrale. En grandissant, j’ai peut-être essayé d’atténuer ça. Aujourd’hui, je n’en ai plus rien à foutre.

La Face B : J’adore ce côté assumé dans les paroles, l’attitude et le storytelling. Je trouve ça très rafraîchissant parce qu’on est souvent très prudents avec les mots qu’on utilise. C’est important d’avoir aussi ce point de vue-là.

Luvcat : Merci.

La Face B : Dans tes clips, il y a aussi un vrai sens de la chorégraphie, en plus du drame et du chaos maîtrisé. Abordes-tu ce projet comme une réalisatrice ou davantage comme une performeuse ? Et as-tu toujours aimé danser ?

Luvcat : J’adore danser. Je pense que c’est la chose la plus naturelle qu’un être humain puisse faire, et tout le monde devrait danser davantage parce que c’est excellent pour le corps. Pas besoin d’être bon. C’est une forme d’expression.

Avec les paroles que j’écrivais, mon corps s’animait naturellement et je n’y réfléchissais pas vraiment. Puis cela s’est fixé parce que certaines personnes dans le public reproduisaient ces mouvements. Et c’est devenu une partie de la chanson, une partie de son univers. Mais j’adore réaliser les clips avec mon meilleur ami. La cinématographie a toujours été une immense passion pour moi. Je pense que je réfléchis toujours autant à l’apparence des choses qu’à leur sonorité.

La Face B : Ta direction artistique est très précise. Et très singulière aussi. Dès les premières secondes, on sait qu’on regarde un clip de Luvcat. Tu viens de Liverpool, une ville avec une mythologie musicale très forte. Te sens-tu appartenir à cette lignée d’auteurs-compositeurs dramatiques et narratifs ? Ou ton univers est-il en dehors de cela ?

Luvcat : Ce qui est formidable à Liverpool, c’est qu’on y trouve mes deux choses préférées : tout le monde est un incroyable conteur, et les auteurs-compositeurs y sont exceptionnels. Probablement parce que nous sommes proches de la mer, proches de l’Irlande, et que beaucoup d’entre nous ont du sang irlandais. La musique coule dans nos veines.

Mais c’est aussi une ville très glamour. Tout tourne autour des grosses coiffures, du maquillage ultra sophistiqué, des talons hauts, et il faut absolument travailler son bronzage.

La Face B : C’est une ville magnifique. Liverpool est fantastique.

Luvcat : Oui, et les filles y sont toutes très, très cool.

La Face B : Ton travail évoque des auteurs très théâtraux comme Tom Waits ou Amanda Palmer. Quand tu écris, te sens-tu plus proche du récit ou de la confession ? Écris-tu avec ton cœur ou imagines-tu une histoire ?

Luvcat : La plupart de mes histoires sont vraies, sauf les plus meurtrières. Celles-là sont simplement le fruit de mon imagination. Mon imagination tordue. Mais j’ai toujours un carnet et mon téléphone avec moi, et j’y verse absolument tout. Et parfois cela prend des années. Il y a des phrases sur mon premier album qui remontent à mes 16 ans, quand je suis allée à Venise pour la première fois. J’avais écrit une ligne dans mon téléphone, puis je l’ai retrouvée des années plus tard et elle est revenue naturellement dans une chanson. Et j’adore ça parce que tout finit toujours par trouver sa place, son foyer.

La Face B : Tu as travaillé avec la légende John Cooper Clarke. Qu’est-ce que le spoken word, et le fait de travailler avec une légende comme lui, a apporté à ton univers que l’écriture de chansons seule ne pouvait pas t’apporter ?

Luvcat : Rires. Je crois que lorsqu’on est en présence de John, on ressent immédiatement quelque chose. Il est intimidant de la plus belle des manières. C’est un homme adorable, mais il a une présence incroyable. On se sent obligé de donner le meilleur de soi-même artistiquement quand on est avec lui.

Il faut être au sommet de son art parce qu’il a une telle maîtrise des mots. C’est un poète. Mais un poète punk. Et c’est ce que j’aime le plus chez lui.

La Face B : Et tu travailles aussi de très près avec Peter Doherty. Qu’est-ce qui t’attire dans son univers artistique ?

Luvcat : Encore une fois, ce sont les paroles. Les mots, c’est ce qui m’excite. Et je pense que Peter vit sa vie de manière très poétique, et j’adore la façon dont son cerveau fonctionne. J’adore être en sa compagnie à cause de son regard sur le monde et de sa manière de tout laisser entrer, même aujourd’hui, après tant d’années de carrière. J’aime le fait qu’il reste ouvert à tout ce qui l’entoure.

La Face B : Il arrive encore à surprendre. Les personnages qu’il crée…

Luvcat : On ne sait jamais ce qui va se passer. Chaque soir, il monte sur scène et tu ne t’ennuies jamais en regardant Peter. Jamais. Il a toujours quelque chose de spécial dans sa manche.

La Face B : Toujours une petite excentricité qui surgit quand on ne s’y attend pas. Quelles sont les chansons que tu préfères jouer en live en ce moment ?

Luvcat : Les nouvelles, simplement parce que ce sont de nouvelles chansons. C’est toujours comme ça. Et lorsqu’elles sont un peu moins rodées, tu es davantage sur le fil, donc plus excitée, et il y a un peu plus de danger.

La Face B : Qu’aimerais-tu que les personnes qui te découvrent aujourd’hui à We Love Green retiennent de ce premier concert ?

Luvcat : J’espère simplement qu’elles aimeront l’écriture des chansons et le spectacle, et qu’elles reviendront nous voir à Paris pour que je puisse jouer un jour à l’Olympia.

La Face B : Qu’écoutes-tu ou lis-tu en ce moment qui correspond à cette nouvelle ère de Luvcat ?

Luvcat : C’est une bonne question. J’ai ce livre qui s’appelle On Booze de F. Scott Fitzgerald. Et c’est tout… Bon, peut-être que je ne vais pas parler de ça parce que ça parle d’alcool. Je vais parler d’autre chose.

Ce que j’écoute en ce moment, c’est Tom Waits en boucle, encore et encore. Parce que chaque fois que je me sens perdue, je reviens à Tom. Je garde son recueil de chansons dans mon sac comme une Bible. Et j’ai toujours cette question en tête : « Qu’est-ce qu’il penserait de ça, Sophie ? » Chaque fois que j’écris quelque chose, c’est l’ange sur mon épaule vers qui je me tourne pour lui demander : « Est-ce que c’est nul ou est-ce que c’est cool ? »

La Face B : Si Lovebites était un film, lequel serait-ce ?

Luvcat : Je pense probablement à Sweeney Todd, parce qu’elle le découpe en morceaux et le met dans une tourte.

La Face B : Et si Lovebites était un cocktail ?

Luvcat : Un Bloody Mary.

La Face B : Quel est l’objet le plus « Luvcat » que tu possèdes ?

Luvcat : Ooooh… Peut-être ce collier que mon amoureux a fabriqué pour moi en argent. C’est un Sacré-Cœur traversé par toutes ses épées.

La Face B : Très Vivienne Westwood.

Luvcat : Oui, c’est d’ailleurs l’illustration de mon premier single.

La Face B : Dernière question : qu’est-ce qui t’attend maintenant ?

Luvcat : La suite, c’est mon deuxième album. Et je pars à Hollywood pour l’enregistrer.

La Face B : Eh bien, Sophie, ça a été un vrai plaisir. Ravie de t’avoir rencontrée.

Luvcat : Merci beaucoup. Ravie de t’avoir rencontrée aussi.

Ainsi, retrouvez Luvcat sur Spotify,  Instragram ou en live.

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Pour le plaisir – Luvcat a We Love Green

Version en Anglais

La Face B: Hello Sophie, it’s such a pleasure to meet you today. It’s been a while. I feel like I know you through your music. Lovebites feels like a darker, more visceral extension of Vicious Delicious. What changed emotionally and creatively between those two records?

Luvcat: Well, Lovebites was purposely a murder ballad EP where I wanted three more dark and slightly gruesome songs to accompany He’s My Man, which is already about slow poisoning. And yeah, it just felt natural that that’s what I was gravitating towards because I just had a lot of true ghost stories that I wanted to tell.

La Face B: The word Lovebites is very dual. It’s romantic, but it’s also a bit violent and passionate. What does it represent for you today?

Luvcat: I think, well, that sort of polarity, like the swinging pendulum between those two extremes, has run through Vicious Delicious and this EP. It’s something that I love playing with, and I wanted to choose the word Lovebites because, like you say, it can be taken in a sort of erotic way, but it also can be just about the sting of love and how it bruises you. And that’s what fascinates me most about love in general, is those two extremes.

La Face B: If we talk about Vampire at the BeachI did a review of the music video—and the music video feels even more cinematic. It’s a very cinematic entry point for Lovebites, like a short film on a gothic coastline. When you were building this song, did you think in terms of narrative first or sound first?

Luvcat: With Vampire, I’m trying to remember how it began. It began on the piano. For the video, I knew that I wanted to recreate a scene from Sweeney Todd where Johnny Depp and Helena Bonham Carter are sat on a beach and they’re very gothic next to this really blue sky and beautiful scene behind them. And they both kind of look a little bit shell-shocked and miserable. So that was the first scene I knew I wanted to recreate, and have her in pantaloons and the whole Edwardian swimsuit costume.

And then after that, I kind of just got overexcited and I wanted to encapsulate the whole EP and that sort of tortured love. That’s why I wanted to be on a spinning board like the Wheel of Death with a knife thrower. And all these acts of electrocution on an electric chair play into the whole Morticia and Gomez kind of torturous love.

La Face B: The lyrics are very visual as well. There’s Fellini-esque imagery, distorted romance, dreamlike decay. Do you write from images you see, or do they emerge after you create the music?

Luvcat: I think I’m always drawing on places that I’ve been to, whether awake or asleep, because obviously there are some places that I write about that I’ve never physically been to, but I’ve maybe been there in a dream. But, say, with Vampire at the Beach, I’m singing about Capri. I remember when I was younger, I went to Capri with my family and I was observing all of these blissful golden bodies on the pebble beaches. And then I was imagining my lover, who was very pale and sullen and vampish, and what that would feel like with him by my side.

La Face B: If we talk about Lipstick, for example, it feels very different from that kind of darkness. Less supernatural, more social, almost performative. It’s all about women becoming multiple characters to be loved. Where did that idea come from?

Luvcat: Yes! It was just, like, probably a kink really—a kinky idea. It came from me wanting to explore kink, and then the video kind of played off all the lyrics. Like you say, all the characters that we can either reluctantly or lovingly become for a lover in order to gain attention. Me, I was always happy to be that character.

La Face B: It’s lovely because you have the cowgirl, you’ve got the nurse. It’s very cinematic in the way you do it because it’s like we follow you in a little movie and we don’t know what you sell, but we’re buying it. Your visuals are extremely recognisable. You have a very specific artistic direction: the chessboard floors, the red, black and white coats, the leopard print, cinematic staging. At what point does an image become Luvcat-coded?

Luvcat: I don’t know. I mean, it was all very accidental for me. I was obsessed with Alice in Wonderland and the checkerboard floor became part of that world. And then I always loved red velvet drapes. And then one day I accidentally wore leopard print. Well, not accidentally. It was the first time in my life I wore leopard print, just before a show. And then the video blew up online and leopard print suddenly became my thing, and I’d never worn it in my life before.

It’s all just happened naturally, but it all feels like I’m returning to my younger self in a way because I was a very theatrical gothic child. But as I got older, maybe I tried to water that down, and now I don’t give a fuck anymore.

La Face B: I love the non-apologetic lyrics and attitude and storytelling. I think it’s quite refreshing because we’re quite cautious about the words we’re using, and the fact that we have it as it is. It is really important to have that perspective as well.

Luvcat: Yeah, thank you.

La Face B: In your music videos, there’s a strong sense of choreography as well, on top of the drama and controlled chaos. Do you approach this project as a filmmaker or more as a performer? And did you always love to dance?

Luvcat: I love to dance. I think it’s the most natural thing a human can do, and everybody should dance more because it’s so good for your body. You don’t have to be good at it. It’s a form of expression.

I found myself, by the lyrics that I was writing, my body would come alive with them and I wouldn’t think too much about it. Then that would become solidified because maybe some people in the audience would copy that, and then that just became a part of the song, a part of the world of it. But I love making the music videos and directing them with my best friend, and cinematography has always been a huge passion of mine. I guess I’m always thinking about how things look as well as how they sound.

La Face B: Your artistic direction is very precise. and singular as well. We know from the moment it starts that it’s a Luvcat music video. Coming from Liverpool, a city with such a strong musical mythology, do you feel part of that lineage of dramatic, narrative-driven songwriting? Or is your universe outside of that?

Luvcat: Well, the great thing about Liverpool is it has my two favourite things: everybody is an amazing storyteller, and the songwriting is incredible out of the city—probably because we’re close to the water and we’re close to Ireland and a lot of us have Irish blood, so music is in our veins. But also, it’s a very glamorous city. It’s all about big hair and really glam makeup and high heels, and you’ve got to get your tan on.

La Face B: It’s a lovely city. Liverpool is fantastic.

Luvcat: Yeah, and the girls are all very, very cool.

La Face B: Your work echoes theatrical writers like Tom Waits or Amanda Palmer. Do you feel closer to storytelling or confession when you write? Do you write from the heart, or do you imagine a story?

Luvcat: Mostly my stories are very true, except the really murderous ones. They’re just figments of my imagination—my twisted imagination. But I keep a notebook with me every day and my phone, and I just pour into it anything. And it might take years. There are lines on the record that I put out, my first album, that came from when I was 16 and first went to Venice. I wrote one line in my phone, revisited it, remembered it, and then it came back out many years later. And I love that because everything eventually will find its place. Find its home.

La Face B: You worked with the legend that is John Cooper Clarke. What did spoken word, and working with a legend like him, bring to your universe that songwriting alone doesn’t?

Luvcat: Laughs. I think being in John’s presence, you just feel… He’s intimidating in the nicest way possible. He’s a lovely man, but he has such a presence. You have to feel intimidated and you want to make the best art that you can when you’re around him. You’ve got to be top of your game because he has such a way with words. He’s a poet. But he’s just punky with it, and that’s what I love the most.

La Face B: And you also work really closely with Pete Doherty. What draws you to his artistic world?

Luvcat: Again, it’s lyrics. Words are what turn me on. And I think Peter lives his life in a very poetic way, and I love how his brain works. I love being around him because of his lens on the world and how he lets everything in, even now, so many years into his long career. I love how he is still open to everything around him.

La Face B: He’s still very surprising. The characters that he creates…

Luvcat: You never know what… He’ll walk out every night and you’ll never be bored watching Peter, ever. He’s always got something special up his sleeve.

La Face B: Something quirky coming out when you don’t expect it. What songs do you love performing the most live at the moment?

Luvcat: The new ones, just because they’re new songs and it’s always the way. And when they feel slightly less rehearsed, you feel more on edge, therefore more excited, and there’s a little bit more danger.

La Face B: And what would you like people discovering you today at We Love Green to take away from this first show?

Luvcat: I would just hope they loved the songwriting and the show, and that they will come again to see us in Paris so I can play the Olympia one day.

La Face B: What are you currently listening to or reading that fits the new era of Luvcat?

Luvcat: That’s a good question. I have this book called On Booze by F. Scott Fitzgerald. And it’s all… Maybe I won’t talk about that because it’s about alcohol. I’ll talk about something else. What I’m listening to now is Tom Waits over and over again because anytime I’m lost, I just return to Tom. I keep his songbook in my bag like a Bible. And I always keep in my head: « What would he think about this, Sophie? » Whenever I write something, he is my angel on my shoulder who I turn to and ask: « Is this lame or is this cool? »

La Face B: What film would Lovebites be if it was a film?

Luvcat: I think probably Sweeney Todd because she’s chopping him up and putting him in a pie.

La Face B: And if Lovebites was a cocktail, what would it be?

Luvcat: Bloody Mary.

La Face B: The most Luvcat object that you own?

Luvcat: Oooh. Maybe this necklace that my lover made me out of silver. It’s a sacred heart with all the swords in it.

La Face B: Very Vivienne Westwood.

Luvcat: Yeah, it’s my artwork for my first single.

La Face B: Last question: what is next for you?

Luvcat: Next for me is my second album, my sophomore record, and I’m going to Hollywood to make it.

La Face B: Well, it’s been a pleasure, Sophie. Nice to meet you.

Luvcat: Thank you so much. Nice to meet you too.

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