Muse signe son retour avec The Wow! Signal

Muse est de retour avec The Wow! Signal, quatre ans après leur précédent album. Connus pour leurs morceaux toujours plus exubérants et leurs prestations live XXL, le trio qui a marqué toute une génération a toujours déchaîné les critiques, qu’elles soient élogieuses ou parfois un tantinet piquantes. Avec une communauté de fans répartie sur plusieurs générations, certains restent nostalgiques de Showbiz et Origin of Symmetry, tandis que d’autres les ont découverts au sommet de leur popularité avec The Resistance. Depuis quelques années, une nouvelle génération de fans a rejoint les « Musers », avec des attentes davantage tournées vers l’électro-pop. Un beau bazar qui continue d’alimenter les débats sur les réseaux sociaux dès que le groupe lève le petit doigt.

Photo de Tim Saccenti

L’album s’ouvre sur « The Dark Forest«  et, comment dire… On est immédiatement happé. Une ligne de basse qui galope, une guitare aiguë à la « Supremacy« , un orchestre philharmonique : Muse est de retour. Très vite, la voix de Matthew Bellamy est entrecoupée par un solo de guitare, puis un interlude de violons grandiose. La tension monte, le morceau s’assombrit, des chœurs en latin apparaissent : c’est épique. Puis tout explose. Une guitare agressive, la batterie de Dominic Howard qui tabasse, et nous… On a des frissons. Le morceau se conclut sur une envolée lyrique aux allures d’opéras. C’est beau, on est prêt pour la suite.

Vient ensuite « Nightshift Superstar« , un morceau qui fait déjà débat dans la communauté. Le groupe propose ici un titre électro-pop : Chris s’amuse au slap à la basse, la voix de Matthew est particulièrement mélodique, tandis que les violons habillent le morceau avec une esthétique qui rappelle Daft Punk ou Justice. Un clin d’œil assumé du groupe à la French Touch.

L’album se pose ensuite avec « Shimmering Scars« . Le piano a toujours accompagné Muse tout au long de sa carrière, et c’est dans ce morceau que l’on réalise à quel point la voix de Matthew Bellamy a évolué depuis l’époque de Showbiz. Le titre prend un peu de temps à décoller mais, une fois encore, l’orchestration est superbe. On regrette peut-être simplement les sons de batterie électronique qui viennent quelque peu lisser l’ensemble.

Puis, d’un coup… Un riff de guitare vient enflammer nos écouteurs. C’est l’heure de « Cryogen« , morceau révélé lors de leur unique concert à Londres. Le riff est redoutable, le refrain donne immédiatement envie de hurler « Cryogen« . Et puis… Parlons de cette outro aux aires de Turnstile. Bon, Muse n’a évidemment pas attendu Turnstile pour sortir de gros riffs bien gras, mais on est ravi d’entendre le groupe capable de proposer quelque chose d’aussi efficace et moderne. Nous ferons sûrement partie de ceux qui lanceront les premiers pogos dans la fosse lors de la prochaine tournée.

Cet album est un véritable grand huit. Les morceaux s’enchaînent rapidement et nous voilà déjà sur « Be With You« . Encore un titre qui divise : c’est le fameux morceau calibré pour les radios. Le genre de chanson qui vaut parfois au groupe les critiques des sphères rock, voire métal, alors qu’il possède largement les épaules pour retourner un festival.

Passons. L’intro de « Hexagons«  vient immédiatement nous réveiller. Cette guitare en tapping, cette puissance… que c’est épique ! « Hexagons » fait clairement partie de nos coups de cœur de l’album. C’est du Muse, mais du Muse qui évolue, et dans le bon sens. On retrouve des couches de clavier comme à l’époque de « Take a Bow », mais surtout cette voix planante de Matthew, celle qui caractérise le groupe et qui faisait de lui un véritable OVNI au début des années 2000, dans le sens positif du terme.

L’album enchaîne ensuite avec « The Sickness In You And I« . La guitare de Matthew se déchaîne façon métal. Au niveau des arrangements et des voix, on remarque un petit clin d’œil à « Propaganda« . Le morceau ne cesse de monter en puissance jusqu’à ce que la guitare explose dans les graves sur les « Freak, Freak, Freak » de Matthew. Puis un breakdown surgit sans prévenir. Quel plaisir ! On secoue la tête, on grimace, on a presque envie de donner un coup d’épaule à son voisin dans la rue… avant de se rappeler qu’on n’est pas en concert.

Pour poursuivre dans cet univers métallique, arrive « Unravelling« , morceau qui fête déjà sa première année. Il avait été dévoilé lors du passage du groupe au Hellfest en 2025. Un titre efficace, alternant couplets chantants, refrains bien heavy et breakdowns. Un virage que Muse semble avoir pleinement assumé depuis l’album Will of the People.

C’est enfin le moment d’écouter le featuring qui intriguait tant de monde : « Hush« , avec Ellie Goulding. Le morceau s’ouvre sur un excellent riff de guitare qui rappelle « Fury ». Le couplet, plus pop, fonctionne très bien, tout comme le refrain. On a envie de s’époumoner en criant « Hush, hush, hush », les doigts en cornes levés vers le ciel. La voix d’Ellie Goulding se marie étonnamment bien avec l’univers de Muse. Une très belle surprise.

Nous y voilà déjà : « Space Debris« , le dernier morceau de l’album, nous embarque pour un ultime voyage. Matthew, Dom et Chris nous font décoller tout en douceur grâce à une nappe de violons et une voix particulièrement fragile. C’est magnifique. D’abord construite comme une balade portée par une guitare acoustique, la chanson prend progressivement de l’ampleur jusqu’à nous faire véritablement planer. Un morceau touchant, émouvant, bref, on adore.

Cet album de Muse se conclut avec douceur et élégance. Globalement, on le trouve très réussi, même si certaines sonorités paraissent parfois un peu trop produites, notamment au niveau de la batterie et de la basse. On regrette par moments cette époque où le son était plus brut, mais tout aussi magnifique.

Le groupe sera de passage en France avec trois dates, à Paris La Défense Arena et à Montpellier. Trois concerts qui ont déjà fait grincer des dents une partie des fans, le prix de la fosse étant passé de 85 € à 130 € en seulement trois ans. Malgré cela, Muse reste l’un des meilleurs groupes de scène de sa génération, un groupe qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie. En attendant la tournée, on se réjouit de la sortie de ce très bel album.

Retrouvez Muse sur Facebook et Instagram

Laisser un commentaire