(PORTFOLIO) Buck meek au point éphémère

Le soir du 24 mars, les températures en berne ont épargné le Point Éphémère, réchauffé par un doux soleil californien. Un phénomène (trop) rare, appelé l’effet Buck Meek. L’auteur-compositeur et guitariste de talent, aussi membre du groupe Big Thief, venait y présenter son quatrième album solo, The Mirror. Retour en mots et en images sur une soirée Rock, Folk, et conviviale, à l’image de son album, enregistré entre amis dans son studio de Los Angeles. 

Interview de Buck Meek sur la Face B par ici

Retrouvez également le travail photo d‘Alexia Arrizabalaga-Burns (sous le pseudo Troubleshooteur) sur son site et sur Instagram

Rencontre avec Kisser

Grosse soirée pour Buck Meek, qui assure sa propre première partie aux côtés de son nouveau groupe Kisser. Un peu en retrait, il laisse la lumière aux musicien·ne·s avec qui il partage la scène. Au centre de celle-ci, on retrouve Germaine Dunes, autrice-compositrice et productrice qu’on connaît dans un registre Folk. Ce soir-là, alors que les premières notes de guitare retentissent au Point Éphémère, aucun doute sur le caractère Rock du concert auquel on s’apprête à assister.

À la basse, l’excentrique Jeffertitti Moon semble possédé par la musique et laisse sortir quelques cris cathartiques et maîtrisés. Plus discret mais non moins impressionnant, Adam Brisbin envoie de gros solos de guitare qui flirtent parfois avec le larsen. Imperturbable, le batteur Jesse Quebbeman-Turley assure la rythmique de tout le concert avec une énergie calme et un enthousiasme contagieux.

Le quintet – un peu remanié pour la tournée – joue ce soir-là, pour la première fois en France, une collection de titres à venir. Chaque morceau est une surprise, ceux-ci étant rigoureusement introuvables sur les plateformes et chez les disquaires. La connivence est évidente entre les membres du groupe, si bien qu’on a l’impression de voir jouer une bande d’amis.

La voix de Germaine Dunes, d’une fragilité assumée, et les paroles souvent simples donnent une fraîcheur presqu’enfantine au tout. Par moments, les guitares se calment le temps d’une ballade. Puis nous voilà reparti·e·s de plus belle, pour un Rock bruyant et enjoué. Un bref regard alentour me fait dire que le public est convaincu. Alors que la première partie touche à sa fin, nous voilà plus dynamisé·e·s qu’après notre journée de boulot et prêt·e·s à en découdre avec la suite.

Ballades Folk et énergie Rock

Une vingtaine de minutes plus tard, Buck Meek fait son retour. La veste de blazer qui remplace son tee-shirt est annonciatrice du changement d’ambiance qui se profile. Changement de bassiste également, avec l’arrivée de Steven van Betten. L’artiste de la soirée démarre d’emblée avec  son single Gasoline, et la foule est conquise. Voir Buck Meek sur scène, seul ou avec ses différents groupes, c’est une expérience en soi. Absorbé par la musique et l’émotion, il ondule et sa guitare semble être une extension de son corps.

Un grand sourire au lèvres, il enchaîne les titres de son dernier album, The Mirror. D’un morceau à l’autre, il s’autorise des moments de calme et des montées en puissance plus Rock. Au passage, on en apprend plus sur les morceaux Soul Feeling et Outta Body, qui s’adressent respectivement à son grand-père et à sa grand-mère. Dans ce dernier, des notes de Rhodes semblent s’échapper de la guitare d’Adam Brisbin. Dans un moment de partage tendre et spontané, Buck Meek confie avoir l’impression de sentir le parfum (français) de sa grand-mère dans la salle. 

Alors que l’émotion est à son comble, on se laisse cueillir par une interprétation en guitare-voix du magnifique Halo Light. En fermant les yeux, on jurerait entendre du violoncelle – le guitariste-magicien qui l’accompagne a encore frappé. 

Bien sûr, Buck Meek ne résiste pas à entonner deux morceaux de Big Thief : Certainty, qui met la foule en liesse, et Kiss My Mirror, titre exclusif qui a failli trouvé sa place sur Double Infinity

Interviewé récemment par La Face B, Buck Meek expliquait que Gasoline parle de ces sentiments qui dépassent le langage. Le mardi 24 mars, au Point Éphémère, nul besoin de long discours pour ressentir le plaisir de ce moment partagé entre un artiste habité et son public, transporté.

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