(PORTFOLIO) Big Thief À l’Olympia

Quatre ans après son dernier passage dans la capitale, Big Thief était de retour les 17 et 18 avril. Après le Cabaret Sauvage (2020) et La Cigale (2022), c’est à l’Olympia que le groupe a cette fois posé ses bagages. Nous étions dans la fosse vendredi soir, alors que les guitares et la voix d’Adrianne Lenker résonnaient fort dans la mythique salle de spectacle. Retour en mots et en images.

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Dylan Meek ouvre le bal

C’est Dylan Meek qui a la lourde tâche d’ouvrir le bal ce soir-là. Si le nom vous parle, c’est bien qu’il s’agit du frère de Buck Meek, guitariste du groupe, que nous avons eu la chance de voir sur les planches il y a un mois. Seul avec son piano, il lui faut du courage pour accrocher une foule de fans trépidant d’impatience à l’approche du concert du quatuor new-yorkais. 

Un choix de première partie pouvant paraître risqué, mais très cohérent avec le plaisir du groupe à jouer en famille. Nous découvrons donc le blues solaire de Dylan Meek. De jolies chansons, souvent d’amour, portées par une voix chaude au vibrato maîtrisé, qui se balade avec aisance dans les aigus. Pour capter notre attention, il n’hésite pas à user du second degré, montant et descendant les gammes à toute occasion comme un professeur de chant. Il nous invite d’ailleurs à le rejoindre sur un de ses morceaux, avec une consigne qu’on aurait adoré avoir en cours de musique : « je compte jusqu’à trois, puis vous criez ».

Sa bonne humeur contagieuse a raison du public de l’Olympia, et l’entrée en scène du grand frère Buck fait monter l’excitation d’un cran. Ensemble, ils interprètent Brotherhood, un ode touchante à la fraternité. « Every word completely understood /This is brotherhood » (Trad : Chaque mot parfaitement compris / C’est la fraternité »). La ressemblance ne saute pas aux yeux, et leur voix n’ont rien en commun, mais les voir chanter côte à côte donne un aperçu de la beauté et de la complexité du lien qui unit les membres d’une fratrie.

Big Thief entre en scène

La foule est nettement plus dense lorsque Big Thief fait son apparition. Changement notoire depuis leur dernière tournée : le bassiste Joshua Crumbly a remplacé Max Oleartchik . Force est de constater que ce dernier a trouvé sa place dans cette nouvelle formation. Le reste des rôles est inchangé : James Krivchenia à la batterie, Adrianne Lenker et Buck Meek à la voix et à la guitare. Sans surprise, le tout est techniquement impeccable, et la complicité des musicien.ne.s reste inchangée.

Le groupe défend son album Double Infinity, sorti l’an dernier. Mais ce serait mal les connaître que de s’attendre à une setlist centrée sur ce dernier disque. À la place, ils commencent par Forgive the dream, une ballade qui n’existe qu’en live, Terminal Paradise (UFOF) et Terrifying, qui n’est pas non plus sortie. Bien vite, Adrianne Lenker troque sa guitare électro-acoustique contre une électrique et fait gronder l’ampli. Ce n’est qu’au treizième morceau qu’on entend un titre issu du dernier album : Words. Entre temps, on (re)découvre Muscle Memory et l’inédit Pterodactyl. Et puis on s’autorise à chanter à plein poumons sur les désormais classiques Simulation Swarm (DNWMIBIY), Vampire Empire et Real Love (Masterpiece). Cette dernière commence en douceur et finit dans un solo épique de guitare qui nous plonge dans une sorte de transe.

D’ailleurs, si ce concert nous a prouvé quelque chose, c’est qu’au-delà d’avoir une voix reconnaissable entre mille, Adrianne Lenker est une guitariste hors pair, capable de nous faire passer des pleurs au « head-banging » en l’espace de cinq minutes. Après un solo acoustique, elle enchaîne deux de ses titres : le très doux Anything, et Real House, qui finit en un long passage de rock instrumental.

La grande musique, entre potes

Il faudra attendre le rappel – après un magistral Not (Two Hands) – pour retrouver Double Infinity. L’adaptation en live d’Incomprehensible décuple la charge émotionnelle du morceau, surtout quand la foule se joint au refrain. Comme si chaque composition de Big Thief n’était pas un chef d’oeuvre, ils closent la soirée avec Masterpiece. Buck Meek joint sa voix à celle d’Adrianne, et on s’accroche à notre nuage pour quelques minutes encore. 

Alors que les lumières se rallument, on échange un sourire entendu avec nos voisins, encore un peu sonnés après le moment d’exception qu’on vient de partager. La magie de Big Thief, c’est qu’on peut s’attendre à beaucoup et quand même être surpris. Rares sont les groupes qui parviennent à mêler une telle exigence artistique à la sensation d’être entre potes. La setlist change chaque soir et pioche dans tous les albums, sans exception. Les émotions fusent, et le plaisir que ces quatre-là ont à partager la scène est palpable jusqu’au fond de la salle. Une « double infinité », c’est bien ce qu’il faudrait pour qu’on se lasse de voir Big Thief sur scène – et encore.

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Un dernier tour de piste de ces magnifiques Olympias!

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