Rencontre avec Marlon Williams

C’est dans un café au cœur de Paris que La Face B a rencontré Marlon Williams, quelques heures avant son unique concert parisien à la Gaîté Lyrique. L’artiste néo-zélandais s’est livré avec sincérité et douceur, parlant aussi bien de musique que de transmission, de langue māorie, de spiritualité et de cette nécessité profonde de créer.

Avec Te Whare Tīwekaweka, Marlon Williams signe sans doute l’un de ses projets les plus personnels et audacieux. Un album pensé comme une fenêtre ouverte sur le monde māori, où le bluegrass dialogue avec les harmonies vocales des années 50, où les chants traditionnels se mêlent aux rêves, à l’océan et aux légendes du passé. Entre tradition et modernité, intimité et universalité, il crée un album traversé par les langues, les paysages et les mémoires. Comme une envie profonde de voir la culture māorie exister librement, dans toute sa richesse et sa complexité.

Découvrez une interview intime et habitée avec un artiste qui transforme chaque échange en paysage et chaque chanson en voyage entre les mondes avec cette douceur et delicatesse qui le caracterisent.

Retrouvez également le travail d‘Alexia Arrizabalaga-Burns (sous le pseudo Troubleshooteur) sur son site et sur Instagram

« Depuis quinze ans, je construis mon propre univers musical, et je voulais que le māori existe dans cet univers-là. Pas comme quelque chose à part, mais comme une langue capable de traverser tous les paysages musicaux.” Marlon Williams

La Face B : Bonjour Marlon, c’est un vrai plaisir de te rencontrer. Je connais bien ta musique, mais on ne s’est jamais parlé, donc c’est génial.

Marlon Williams : Merci de me rencontrer. Le plaisir est partagé.

La Face B : Je vais commencer par parler de ton parcours. Tu as eu une trajectoire très singulière entre folk, country et bluegrass. Comment est-ce que tu sens que ton identité musicale a évolué jusqu’à Te Whare Tīwekaweka ?

Marlon Williams : Je ne sais pas. J’ai vraiment traversé beaucoup de mondes différents au cours de ma vie musicale. Avant de jouer du bluegrass, j’étais surtout un enfant de chœur à l’école et je chantais dans une chorale de cathédrale catholique, donc j’ai beaucoup chanté du Mozart et du Bach pendant mon adolescence. Et parallèlement à ça, j’ai développé un amour profond pour la country et le bluegrass, qui sont deux univers très distincts. Mais je pense que ces deux mondes résonnent encore aujourd’hui dans ma manière de faire de la musique.

La Face B : Qu’est-ce que tu aimes dans le bluegrass ? J’ai rencontré The Dead South – groupe de Bluegrass canadien – il y a deux semaines et, en Europe, on est assez fascinés par le bluegrass parce que ce n’est pas quelque chose d’ancré dans notre culture. Qu’est-ce qui t’a attiré vers ça ?

Marlon Williams : Eh bien, ce n’était pas non plus ancré dans la culture néo-zélandaise. Donc oui, j’ai été fasciné moi aussi. J’aime son côté prosaïque, la manière très directe qu’il a d’écrire les chansons. Je l’ai découvert quand j’avais environ quatorze ans, au moment où j’apprenais moi-même à écrire des chansons. La simplicité de cette forme m’a énormément parlé comme auteur-compositeur. J’adore la façon dont on peut tout dire en très peu de mots. C’est rempli d’ironie, de profondeur et de multiples dimensions malgré une apparente simplicité. C’est essentiellement ça que j’aime.

La Face B : Est-ce que ta famille écoutait du bluegrass et du blues, ou tu as découvert ça tout seul ?

Marlon Williams : Mon père écoutait un peu de blues, mais pas vraiment de bluegrass. Il m’a fait découvrir quelques artistes et ensuite j’ai complètement plongé dedans tout seul. J’ai passé beaucoup de temps à découvrir des choses par moi-même quand j’étais adolescent.

La Face B : Te Whare Tīwekaweka a mis environ cinq ans à prendre forme. Cinq ans, c’est long. Qu’est-ce qui a changé en toi pendant cette période, en tant qu’artiste mais aussi en tant que personne ?

Marlon Williams : Beaucoup de choses. Cinq ans, c’est long. Je peux retracer mon évolution et la confiance que j’ai gagnée dans ce que je faisais artistiquement sur ce disque. Quand j’ai écrit la première chanson, « Aua Atu Rā », c’était évident qu’elle voulait devenir une waiata Māori, et qu’elle pouvait s’inscrire dans le contexte d’un album entier. Il a fallu un certain courage pour me lancer là-dedans et je me sentais encore très novice. Mais avec l’aide de mes amis, du temps et de la patience, il fallait simplement ce temps-là pour que ma confiance grandisse.

La Face B : Est-ce qu’il y a eu un moment précis où tu as compris que cet album devait être en māori ? Ou c’était évident dès le départ ?

Marlon Williams : C’était évident dès le début. Rien que le phrasé implicite dans « Aua Atu Rā », avant même qu’il y ait les mots… je savais déjà ce que ça allait être. Cette chanson suggérait à elle seule tout le reste de l’univers du disque.

La Face B : Est-ce que tu peux me parler du titre de l’album – Te Whare Tīwekaweka ? Qu’est-ce qu’il signifie et comment tu l’as trouvé ?

Marlon Williams : En māori, on utilise beaucoup la maison comme métaphore. Comme quand on parle de « la maison du savoir ». C’est évidemment littéralement une maison, mais aussi une idée, comme une école qui est à la fois un bâtiment et un concept. Te Whare Tīwekaweka signifie « la maison en désordre ». Et ce désordre, dans ce contexte, est un désordre positif. C’est reconnaître que cet album est, à un certain niveau, un album māori, mais qu’il vient aussi après des années de mélanges de genres, d’expériences diverses et de cette faim constante de découvrir de nouvelles choses. Le morceau-titre, « E Māui E », est très inspiré par le chant folklorique sarde. Il y a évidemment du bluegrass avec « Whakameatia Mai ». L’album touche tellement de facettes de moi-même et de mon amour pour la musique. C’est pour ça que c’est une maison en désordre.

La Face B : Tu as aussi dit que c’était une fenêtre ouverte sur le monde māori.

Marlon Williams : Tu sais quoi ? Je n’avais même pas remarqué que j’utilisais cette métaphore de la fenêtre sur le monde māori.

La Face B : Voilà. Qu’est-ce qu’écrire et chanter en māori a débloqué créativement chez toi que l’anglais ne permettait pas ?

Marlon Williams : Chaque langue possède sa propre structure et son propre phrasé. Le māori est une langue très ouverte. Tout se termine par des voyelles. Il n’y a pas de fins dures. L’espace entre les consonnes est lumineux.

Pendant tout le processus, mon point d’ancrage a été de laisser le phrasé propre au māori me bousculer en tant qu’auteur. C’est ce qui est passionnant quand on écrit dans une nouvelle langue : ça te force à aller ailleurs. Tu ne peux plus utiliser les mêmes astuces. J’ai adoré voir comment ça créait de nouvelles structures dans ma musique et dans ma façon d’écrire. C’est presque une manière matérielle d’en parler, mais je pense que c’est l’aspect le plus important.

La Face B : Quand j’ai découvert le premier morceau , Aua Atu Rā — j’avais chroniqué le clip — ça m’a vraiment marqué parce qu’il se situait à l’épicentre de la modernité, de la tradition et du rêve. Visuellement et soniquement, j’ai trouvé ça incroyablement inspirant. Je ne comprenais pas tout, mais j’y ai totalement adhéré.

Marlon Williams : Merci !

La Face B : On a l’impression d’un vrai tournant pour toi, autant émotionnellement que musicalement. Pourquoi avoir choisi Aua Atu Rā pour présenter l’album ?

Marlon Williams : Peut-être simplement pour des raisons chronologiques. C’était le premier morceau terminé. Et comme je le disais, c’était aussi la clé qui a ouvert tout le reste du disque. Donc je lui devais cette place au premier plan.

La Face B : Aua Atu Rā parle aussi de départ et de résignation. On le ressent dans le clip, surtout avec toute cette imagerie de l’océan. D’où vient ce rapport à l’eau et à la mer ?

Marlon Williams : C’est une chanson intéressante parce qu’elle semble négative. À première vue, on pourrait entendre : « Je suis seul, je vais mourir sur ce bateau. » Mais il y a aussi une sorte de soulagement secret dans le morceau, celui d’être absous du monde.

Bref, ce n’était pas exactement ta question, mais ça m’est venu comme ça. Je pense que la mer est un moteur métaphorique très puissant dans la musique māorie en général. Évidemment, nous sommes une nation insulaire, donc c’est quelque chose de central dans l’identité māorie.

La Face B : Exactement. Tu parles de la maison, tu parles de la mer…

Marlon Williams : Oui, oui. Ces structures existent déjà. Et encore une fois, c’est dans le balancement de la mélodie, tu vois ? Clairement, cette chanson appartient à l’océan.

La Face B : Il y a quelque chose de très berceuse dans cette mélodie. Quelque chose de doux, comme si tu racontais une légende ou un conte. Est-ce que tu étais inspiré par des artistes comme The Platters ?

Marlon Williams : The Platters, c’est exactement ça, surtout pour cette chanson.

La Face B : rires Oui, je pensais précisément à Aua Atu Rā

Marlon Williams : Oui, oui. Le refrain… J’adore ces groupes vocaux des années 50 et 60. Il y a aussi un groupe qui s’appelle Los Zafiros — j’ai discrètement emprunté certains éléments d’une de leurs chansons pour ce titre.

La Face B : Dans Aua Atu Rā, il y a cette phrase répétée : « I will not return ». Est-ce qu’elle a été difficile à écrire ou à chanter ?

Marlon Williams : Étrangement, je crois que c’est là que se trouve le soulagement. Comme une forme de : « Je ne reviendrai jamais. » Donc peut-être que c’était difficile d’une autre manière, parce que c’est un sentiment étrange à s’avouer à soi-même.

La Face B : Tout au long de l’album, j’ai senti un lien plus profond avec la terre, tes ancêtres, ta famille, ton environnement. Il y a une véritable quête d’authenticité dans ce disque. C’est audacieux, mais aussi profondément sincère. L’album est rempli de contrastes — folk, bluegrass, harmonies — et tu as travaillé avec beaucoup de monde : The Yarra Benders, ton groupe, Mark Perkins, Lorde, He Waka Kōtuia… Ça semble à la fois intemporel et très moderne. Comment décrirais-tu cet album à quelqu’un qui le découvre pour la première fois ?

Marlon Williams : Oui, c’est beaucoup de choses à la fois. C’était important pour moi parce qu’il existe déjà tout un paysage de musique māorie enregistrée. Historiquement, cette musique a souvent été enfermée dans certains genres précis. Il y a bien sûr la musique māorie traditionnelle, qui est extrêmement riche et diverse. Mais si on parle de l’époque post-coloniale, au départ il y avait les showbands, puis les groupes d’harmonies masculines, puis dans les années 70 et 80 le reggae est devenu extrêmement associé à la musique māorie. Aujourd’hui le hip-hop est aussi très présent, mais le reggae reste très lié à cette identité.

Depuis quinze ans, je construis mon propre univers musical, et je voulais que le māori existe dans mon univers musical, parce que j’ai beaucoup d’ambition et d’attentes pour ce que la musique māorie peut devenir. C’est pour ça que quelqu’un comme Mark Perkins était important. Il est māori lui aussi, mais il vient du monde indie, pas du reggae. C’est un collaborateur de longue date et il pouvait m’aider à faire en sorte que ça sonne comme moi. Pas comme « Marlon fait un album māori dans un autre univers ».

Et puis Lorde avait sorti un EP en te reo māori l’année précédente. Ça m’a énormément inspiré. C’est une femme pākehā blanche qui a grandi en Nouvelle-Zélande, et j’ai trouvé ça incroyablement courageux de sa part, surtout vu sa position de pop star. Elle a vraiment fait le travail pour apprendre la prononciation et respecter la langue. La voir faire ça m’a donné confiance. Je me suis dit : « Oui, je peux le faire moi aussi. Je suis māori. » Tous les signes pointaient vers cette direction.

La Face B : Je voulais te poser une dernière question sur « Aua Atu Rā ». Le clip navigue entre thérapie, rêve et l’image de la pirogue. Est-ce que tu avais déjà tout ce concept en tête ?

Marlon Williams : Oui, oui.

La Face B : Visuellement, c’est fascinant. J’ai particulièrement aimé le personnage de la thérapeute.

Marlon Williams : Oui. Je voulais une représentation littérale du fait d’être sur le bateau. On a essayé plusieurs choses, puis finalement on a peint une vieille barque et, miraculeusement, on a réussi à me placer au milieu de l’océan.

La Face B : Et ça fonctionne. Même le décor du cabinet de la thérapeute donne une vibe très 70s. On a aussi l’impression que tu injectes ton identité musicale dans les images. On ne sait pas vraiment à quelle époque ça appartient.

Marlon Williams : Exactement. Et c’est sans doute ce qu’il y a de mieux à faire : brouiller cette temporalité. Et tout le côté thérapie vient nourrir la dimension onirique de la chanson. La thérapeute est une wahine Māori. Les femmes māories occupent une place particulière dans la société māorie, ce sont des personnes vers qui on peut se tourner pour demander conseil sur certaines choses. Donc c’est aussi un clin d’œil à ça.

La Face B : J’ai vraiment adoré le morceau et le clip. Le fait de ne pas connaître la langue m’a aidée d’une certaine manière, parce que j’avais l’impression que les images traduisaient parfaitement les émotions des paroles.

Marlon Williams : Oh, merci. Oh, c’est bien alors.

La Face B : Je voulais aussi parler de « Dark Child », qui reste ton morceau numéro un sur Spotify. Comment tu expliques cet attachement mondial à cette chanson ?

Marlon Williams : Je pense que c’est une chanson avec une couleur très forte. Il y a une ambiguïté dans son sens, mais elle est aussi très parfumée, avec une saveur très marquée. Et puis il y a un sommet émotionnel dedans qui ressort particulièrement parmi mes chansons. Je comprends pourquoi les gens gravitent autour d’elle.

La Face B : Elle résonne encore énormément aujourd’hui. Tu es aussi devenu très polyvalent artistiquement. Tu joues la comédie également, et tu as chanté sur la bande originale du film français En Attendant Bojangles

Marlon Williams : Oh oui, oui.

La Face B : …notamment le morceau « Mr. Bojangles ». Tu peux me parler de cette expérience ?

Marlon Williams : C’était pendant la période du Covid. J’ai enregistré ça depuis mon petit appartement à Lyttelton, en Nouvelle-Zélande. C’était assez surréaliste de savoir qu’un film était en train d’être tourné en France pendant que j’étais isolé à l’autre bout du monde.

Je me sentais un peu déconnecté parce que je n’avais pas encore vu le film. Mais j’ai toujours adoré cette chanson, surtout la version de Nina Simone. Donc je me suis dit : « Bon, je ne peux pas entrer dans le film, mais je peux entrer le plus profondément possible dans la chanson et espérer que ça résonne avec ce qui se passe à l’écran. »

La Face B : Tu apparais aussi dans A Star Is Born.

Marlon Williams : Oui, ça c’était avant le Covid. Je ne sais pas pourquoi ces choses continuent d’arriver, mais elles arrivent. Je viens d’ailleurs de terminer un autre film, un film d’horreur gothique avec Emilia Clarke de Game of Thrones et Victoria Pedretti. Donc oui, ça continue d’évoluer.

La Face B : Est-ce qu’il y a des morceaux de tes derniers albums que tu aimes particulièrement jouer en live ?

Marlon Williams : Je passe par différentes phases avec les chansons. Mais j’aime toujours jouer « Aua Atu Rā » parce qu’elle flotte, tu vois. C’est presque comme si elle se jouait toute seule.

La Face B : Est-ce que ça te surprend quand le public européen connaît les paroles ?

Marlon Williams : Oui, c’est étrange, mais magnifique.

La Face B : Les gens font vraiment l’effort. Ça montre un véritable effort et une vraie curiosité. Les gens ont envie de se connecter à ça.

Marlon Williams : Oui oui. Ce n’est pas quelque chose auquel je m’attends, et ça me procure une vraie joie. Voir le māori — une langue venue de l’autre bout du monde — venir “embrasser” d’autres cultures… c’est magnifique.

La Face B : Est-ce qu’il y a des chansons que le public exige absolument en concert ?

Marlon Williams : Certaines sont plus demandées que d’autres. Mais je pense avoir construit une relation avec mon public où je peux aller dans différentes directions. Les gens ne se vexent pas trop si je change les choses. Je n’ai pas vraiment cette énorme chanson que je suis obligé de jouer avant de quitter la scène.

La Face B : Un artiste māori, passé ou présent, que tout le monde devrait écouter

Marlon Williams : Hirini Melbourne. C’est d’ailleurs à lui que j’ai dédié l’album. Il est malheureusement décédé au début des années 2000, mais tout le monde en Nouvelle-Zélande a grandi en chantant ses chansons. À première vue, c’étaient des chansons pour enfants. Mais comme toutes les meilleures œuvres destinées aux enfants, elles parlent aussi aux adultes.

La Face B : Comme Bluey.

Marlon Williams : Exactement. Bluey.

La Face B : Est-ce qu’il y a des livres que tu as lus récemment et que tu recommanderais ?

Marlon Williams : Je lis en ce moment Losing Ourselves du philosophe Jay Garfield. C’est un recueil d’essais qui parle du détachement de l’idée d’un soi fixe. Dans la pensée bouddhiste, le “soi” est justement ce qui provoque la souffrance. Le livre préfère la notion de “personne” — quelque chose d’interconnecté, créé à travers ses interactions avec le monde. Le soi n’est pas vraiment là quand on regarde de trop près. Plus on le cherche, moins on le trouve.

La Face B : Que penses-tu de cette tournée jusqu’ici ? Et qu’aimerais-tu que le public européen retienne de tes concerts ?

Marlon Williams : J’ai été vraiment touché par le fait que les gens chantent autant. Jusqu’ici, on a surtout joué dans des pays anglophones, et honnêtement les publics anglais sont souvent les plus difficiles à faire chanter dans une autre langue.

Donc c’est très beau — surtout quand on pense à l’histoire de la colonisation britannique en Nouvelle-Zélande — de ramener le māori en Grande-Bretagne et, d’une certaine manière, de “coloniser la Grande-Bretagne avec le māori”. Et avec chaque album, je suis fasciné de voir comment différentes cultures renvoient le disque vers moi, comment elles le réinterprètent. Donc je suis très curieux de voir ce que la “francité” va révéler de la dimension māorie de cet album.

La Face B : Merci beaucoup Marlon pour ton temps.

Marlon Williams : C’était un plaisir. Merci à toi.

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On vous laisse avec Marlon Williams en live sur sa date de Londres en Avril

Version en Anglais

La Face B: Hello Marlon, it’s such a pleasure to meet you. Because I know your music, but I don’t know you, so it’s great.

Marlon Williams: Thanks for meeting me. It’s a pleasure.

La Face B: I’m going to start by talking about your journey. You’ve had such a distinctive path through folk, country and bluegrass. How do you feel your musical identity has evolved up to Te Whare Tīwekaweka?

Marlon Williams: I don’t know. I feel like, yeah, I’ve certainly had a lot of different worlds I’ve gone into throughout my musical life. Before I was playing bluegrass, I was very much a choir boy at school and sang in a Catholic cathedral choir, so I sang a lot of Mozart and Bach as a teenager. And over that time, I also developed a real love for country and bluegrass, which are two very distinct worlds. But I think both of those worlds are still resonant in the way I make music.

La Face B: What do you like about bluegrass? I met The Dead South two weeks ago and, in Europe, we’re quite mesmerised by bluegrass because it’s not inherent to our culture. What drew you into it?

Marlon Williams: Well, it wasn’t inherent in New Zealand culture either. So I think I was mesmerised too, for sure. I like the prosaicness of it — how straightforward the songwriting is. I discovered it when I was maybe fourteen, because I was just learning how to write songs at that time. The simplicity of the form really appealed to me as a songwriter. I love the way you could say everything in just a few words. It’s layered with irony and it has depth and multidimensionality beyond its very basic form. Essentially, that’s what I love about it.

La Face B: Did your family listen to bluegrass and blues, or did you discover it by yourself?

Marlon Williams: Dad listened to a little bit of blues, but not bluegrass so much. He introduced me to a couple of acts and I really took it and ran with it from there. I spent a lot of time discovering things for myself as a teenager.

La Face B: Te Whare Tīwekaweka took around five years to come together. Five years is a long time. What changed in you during that period, both as an artist and as a person?

Marlon Williams: Yeah, well, a lot. Five years is a long time. I can chart my growth and confidence in terms of what I was doing as an artist on that record. When I had the first song, “Aua Atu Rā”, it was obvious that it wanted to be a waiata Māori, and that it could be couched within the context of a whole album. It took a bit of bravery to lean into that and I felt pretty green. But with the help of friends, and a bit of time and patience with it, I think it just needed that amount of time for my confidence in it to grow.

La Face B: Was there a specific moment where you knew this album had to be in Māori? Or was it there from the start?

Marlon Williams: It was from the start. Just the implied phrasing in “Aua Atu Rā”, before the words were even there — I just knew what it was going to be. That song itself suggested the rest of the world.

La Face B: Can you tell me about the title of the album? What does it mean, and how did you find it?

Marlon Williams: Well, in Māori we use the house as a metaphor. In the same way there’s “the house of learning”. It’s obviously literally a house a lot of the time, but it’s also like how a school is both a building and an idea. Te Whare Tīwekaweka means “the messy house”.

And the mess, I think, is a positive mess in this context. It’s the acknowledgement that this is, on one level, a Māori album, but it’s also off the back of years and years of genre mixing, moving through different experiences and my hunger to find new things.

The title track, “E Māui E”, the melody is heavily inspired by Sardinian folk singing. There’s obviously bluegrass on there with “Whakameatia Mai”. It touches so many different parts of me and of my love for music. So that’s why it’s a messy house.

La Face B: You also said it’s a window into a Māori world.

Marlon Williams: Do you know what? I never noticed that I used the metaphor of the window into the Māori world.

La Face B: There you go. What did writing and singing in Māori unlock creatively that singing in English didn’t?

Marlon Williams: Every language has its own inherent structure and phrasing. Māori is a very open language. It all ends in vowels. There are no hard endings. The space between the consonants is bright. I think the whole way along, my main anchor was just to let the phrasing that belongs to Māori push me around as a writer. That’s the exciting thing about writing in a new language — it forces you somewhere else. You can’t play the same tricks.

I really enjoyed watching it create these new structures in my music and in the way I write. It’s almost a material way of talking about it, but I think that’s the most important part of it.

La Face B: When I discovered the first track – Aua Atu Rā I reviewed the music video — it really struck me because it sat at the epicentre of modernity, tradition and dream. Visually and sonically, I found it incredibly inspiring. I didn’t fully understand it, but I completely bought into it.

Marlon Williams: Thank you!

La Face B: It feels like Aua Atu Rā is a turning point for you, sonically and emotionally. Why did you choose that track to introduce the album?

Marlon Williams: Perhaps purely for chronological reasons. It was the first one past the finish line. And as I said before, I think it was the key that unlocked the rest of the album. So I owed it to that song to put it at the front.

La Face B: The song also captures resignation and departure. You can feel it in the music video too, especially with the imagery of the ocean. Where does that imagery of water and the sea come from?

Marlon Williams: It’s an interesting song because it sounds like a negative song. On the face of it, it looks like: “I’m alone, I’m going to die on this boat.” But there’s also a little bit of secret relief in the song, at being absolved from the world. Anyway, that wasn’t your question — it was just something that occurred to me. I think the sea is a very powerful engine of metaphor in Māori music generally. Obviously we’re an island nation, so it’s very central to Māori identity.

La Face B: Exactly. You talk about the house, you talk about the sea…

Marlon Williams: Yeah, yeah. Those structures are there. And again, it’s in the lilt of the melody, right? Clearly, it belongs in the ocean.

La Face B: There’s something very lullaby-like in the melody. Something soft, almost as if you’re telling us a legend or a tale. Were you inspired by artists like The Platters?

Marlon Williams: The Platters is bang on, especially for that song.

La Face B: laughs Yes, I’m talking about that song.

Marlon Williams: Yeah, yeah. The chorus… I love those vocal groups from the ’50s and ’60s. There’s also a band called Los Zafiros — I very discreetly borrowed some elements from one of their songs for that track.

La Face B: In the song, there’s that repeated line: “I will not return.” Was that difficult to write or sing?

Marlon Williams: Weirdly, I think that’s where the relief is. It’s like: “I’m never going to come back.” So maybe it’s difficult in a different way because it’s a strange sentiment to admit to myself.

La Face B: Throughout the album, I felt a deeper relationship with the earth, your ancestors, your family, your environment. There’s a real quest for authenticity in this record. It’s audacious, but also deeply sincere. The album is rich with contrasts — folk, bluegrass, harmonies — and you worked with many people: The Yarra Benders, your band, Mark Perkins, Lorde, He Waka Kōtuia… It feels timeless and modern at the same time. How would you describe this album to people discovering it for the first time?

Marlon Williams: Yeah, it’s many different things. It was important to me because there already exists a landscape of recorded Māori music. Historically, it’s tended to lock itself into specific genres. There’s traditional Māori music, which is a very diverse and rich thing. But if we’re talking about the post-colonial era, way back in the day it was sort of showband songs, then male harmony groups, then in the ’70s and ’80s reggae became deeply associated with Māori music. Hip-hop is there now too, but reggae really persevered.

Over the last fifteen years, I’ve been building my own musical world, and I wanted Māori to exist in my musical world, because I have a lot of ambition and expectation for what Māori music can be. That’s why someone like Mark Perkins was important. He’s Māori too, but he comes from an indie background, not the reggae world. He’s been a collaborator of mine for a long time, so he could help make sure it sounded like me. Not like “Marlon doing a Māori album over there”.

And likewise, Lorde had put out an EP of Te Reo Māori songs a year earlier. I was really inspired by that. She’s a white Pākehā woman who grew up in New Zealand, and I thought it was an incredibly brave move considering who she is as a pop star. She really did the work to learn the pronunciation and respect the language. Watching her do that emboldened me. I thought: “Yeah, I can certainly do that. I’m Māori.” All signs pointed toward it being the right move.

La Face B: The planets aligned.

Marlon Williams: Yeah.

La Face B: I wanted to ask one last thing about “Aua Atu Rā”. The music video moves between therapy, dreams and the imagery of the pirogue. Did you already have that whole concept in your head?

Marlon Williams: Yeah, yeah.

La Face B: Visually, it’s fascinating. I especially loved the therapist character.

Marlon Williams: Yeah. I wanted some literal representation of being on the boat. We tried a few different things, but eventually we painted an old punting boat and somehow miraculously worked out how to put me in the middle of the ocean.

La Face B: And it works. But even the décor in the therapist’s office — it feels very 1970s.

Marlon Williams: Yes.

La Face B: It also feels like you’re bringing your own musical identity into the visuals. It’s difficult to place the video in time.

Marlon Williams: Exactly. That’s the best thing you can do — draw that out. And the therapy side of it taps into the dreamlike quality of the song. The therapist herself is a wahine Māori. Māori women occupy a certain place in Māori society where you would go to seek counsel on certain matters. So it’s a little nod to that too.

La Face B: I really loved both the track and the video.

Marlon Williams: Oh, thank you.

La Face B: Not knowing the language actually helped me in a way, because I felt the visuals perfectly translated the emotions of the lyrics.

Marlon Williams: Oh, that’s good.

La Face B: I also wanted to talk about “Dark Child”, which is still your number one track on Spotify. How do you explain that global attachment to the song?

Marlon Williams: I think it’s a very strongly coloured song. It has ambiguity in the meaning, but it’s very perfumed — a very strong flavour. And it also has an emotional peak to it that stands out among my songs for a few different reasons. I can understand why people gravitate toward it.

La Face B: It still resonates with so many people. You’ve also become very versatile creatively. You act as well, and you sang on the soundtrack of the French film Waiting for Bojangles You sang the track “Mr. Bojangles”. Can you tell me about that experience?

Marlon Williams: Oh yeah, yeah. That happened during Covid times. I recorded it from my little flat in Lyttelton, New Zealand. It was surreal to know there was a film being made over in France while I was isolated on the other side of the world. I felt disconnected because I hadn’t seen the film yet. But I’ve always loved that song, especially the Nina Simone version. So I thought: “Well, I can’t get inside the movie, but I can get as deeply into the song as possible and hope it resonates with whatever’s happening in the film.”

La Face B: You also appeared in A Star Is Born.

Marlon Williams: That was pre-Covid. I don’t know why these things keep happening, but they do. I actually just wrapped another film — a gothic horror movie with Emilia Clarke from Game of Thrones and Victoria Pedretti. So yeah, it keeps evolving.

La Face B: Are there songs from your recent records that you especially love performing live?

Marlon Williams: I go through phases with them. I still love playing “Aua Atu Rā” because it floats, you know. It almost plays itself.

La Face B: Are you surprised when European audiences know the lyrics? People really try.

Marlon Williams: Yeah, it’s odd, but beautiful. It’s not expected, and it genuinely brings me joy. For Māori — a language from the other side of the world — to be “kissing”, you know… it’s beautiful.

La Face B: It shows effort and genuine curiosity. People really want to connect with it.

Marlon Williams: Yeah, yeah.

La Face B: Do you have songs that audiences absolutely demand live?

Marlon Williams: Some are more intensely desired than others. But I think I’ve built an understanding with my audience that I can move in a few different directions. I don’t think people get too upset if I shift around. It’s not like I’ve had that one gigantic song where you absolutely can’t leave the venue without playing it.

La Face B: A Māori artist, past or present, that everyone should listen to?

Marlon Williams: Hirini Melbourne. He’s actually who I dedicated the album to. He sadly passed away in the early 2000s, but everyone in New Zealand grew up singing the songs he wrote. On the surface, they were children’s songs. But like all the best writing for children, they speak to adults too.

La Face B: Like Bluey.

Marlon Williams: Exactly. Bluey.

La Face B: Any books you’ve read recently that you’d recommend?

Marlon Williams: I’ve been reading Losing Ourselves by the philosopher Jay Garfield. It’s a collection of essays about detaching oneself from the idea of a fixed self. In the Buddhist sense, the “self” is the thing causing suffering. Instead, the book embraces the concept of a person — something interconnected and created through interaction with the world. A self isn’t really there if you look too closely. The more you search for it, the less you can find it.

La Face B: What do you think about the tour so far? And what do you hope European audiences take away from your shows?

Marlon Williams: I’ve been really tickled by how much people sing along. We’ve mostly been in English-speaking places so far, and honestly English crowds are often the hardest to get singing in another language anyway. So it’s beautiful — especially considering the history of British colonisation in New Zealand — to bring Māori to Britain and sort of “colonise Britain with Māori”, you know. And with every album, I’m fascinated to see how different cultures frame the record back to me. So I’m excited to see what Frenchness brings out in the Māori-ness of the album.

La Face B: Well, thank you very much, Marlon, for your time.

Marlon Williams: It was a pleasure. Thank you.

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