Le duo parisien, connu pour avoir démocratisé l’électro-orientale en France, a sorti en juin dernier son quatrième album, Resonance. Avec ce disque porté par des sonorités club, Acid Arab collabore avec des voix arabes, pionnières comme émergentes.

Tryptique. Trois ans après la sortie de Trois (٣), Acid Arab réitère, avec son dernier album, son intention de faire se rencontrer les musiques électroniques de l’acid à l’EDM à celles du monde arabe. Deux univers qui, de prime abord, a longtemps semblé s’opposer, tant dans l’imaginaire collectif que sur le plan géographique.
Du gnawa (musique traditionnelle maghrébine) au dabké (danse et musique populaire levantine), en passant par le way-way (sous-genre du raï), Guido Minisky et Hervé Carvalho conjuguent à l’électro des genres musicaux aussi bien maghrébins que moyen-orientaux. Ils collaborent ainsi avec des artistes venant du Maroc, du Liban ou encore de Turquie, qui se font les porte-étendards de leur région respective.
Une musique de liens
Ce sont des voix que l’on a déjà entendues aux côtés d’Acid Arab qui reviennent. Le duo renouvelle sa collaboration avec l’artiste algérien Sofiane Saidi sur le morceau d’ouverture Goulou Marhaba, ou encore avec le Turc Cem Yıldız sur Atlas. Quant à la Libanaise Yasmine Hamdan, pionnière de l’indie arabe, elle chante sur l’envoûtant Shahad Mech Shayef. Il s’agit de son premier featuring avec Acid Arab, qui avait précédemment remixé certains de ses morceaux.
Cette fois-ci, Acid Arab fait le lien avec de nouveaux artistes. Les deux Parisiens mettent sur le devant de la scène de jeunes artistes comme Zeina Aftimos et Rita L’Oujdia. Cette dernière, Marocaine issue du milieu du way way et du Rnb, s’annonce comme l’une des artistes les plus prometteuses de le nouvelle scène arabe.
Une musique brute et electrisante
Musicalement, Resonance se distingue par des sonorités électroniques denses et brutes, où les textures electro se fondent dans la transe des répertoires traditionnels. Les rythmiques répétitives, les nappes synthétiques et les percussions hypnotiques créent un mouvement continu qui emporte l’auditeur. Cette intensité fait la force du disque. Mais elle peut aussi en constituer la limite : certains morceaux s’étirent jusqu’à une forme de redondance qui risque de lasser celles et ceux qui ne se laissent pas entraîner par cette transe.
Acid Arab réussit le pari d’un disque ancré dans son époque. LLorsque les musiques venues du monde arabe connaissent un regain d’intérêt auprès d’un public de plus en plus large. En donnant une visibilité à des artistes de cette scène, entre figures établies et nouveaux talents, Acid Arab se fait le porte-voix d’une génération musicale qui rend porreuse les frontières. Le projet contribue une nouvelle fois à faire entendre ces sonorités sur les scènes électroniques internationales.
▶ Resonance, la quatrième album d’Acid Arab sorti chez All Night Long/Believe