Rock en Seine 2026 : au moins 20 concerts à ne pas manquer

Cette année, Rock en Seine est de retour avec une programmation des plus aguicheuses, un sans-faute, notamment dû au retour du rock (enfin !), qui semblait s’être perdu ces dernières éditions. Un succès qui devrait valoir au meilleur festival de la région un très probable complet sur cinq jours de festivités qui feront résonner le meilleur de la musique actuelle au cœur du parc de Saint-Cloud. De notre côté, il est de toute évidence difficile de se limiter à nos dix immanquables habituels, et c’est pour cela que l’on vous propose, à la place, nos immanquables du jour : la crème de la crème, sélectionnée par nos oreilles averties. Et c’est à retrouver ci-dessous.

Mercredi 26 août : La nouvelle génération pop et R&B entame le festival

Miki – Grande Scène, 17h15

L’artiste niçoise aura l’honneur d’ouvrir cette édition 2026 de Rock en Seine. Nommée dans les catégories Révélation féminine et Révélation scène aux Victoires de la Musique cette année, Miki mérite amplement sa place aux côtés des plus grands noms de cette programmation.

Après avoir longuement peaufiné l’esthétique de sa musique durant la période post-Covid, la chanteuse fait un retour remarqué en 2024 avec son single échec et mat, qui affirme immédiatement son identité dans le paysage de la pop électronique française. Exit les paroles en anglais : place au français, sa langue maternelle, qu’elle manie avec autant d’humour que de malice.

En 2025 paraît son premier album, Industry Plant, qui rencontre un véritable succès sur la scène française. Derrière des textes en apparence naïfs et une voix délicatement nonchalante se cache un subtil équilibre entre douceur et insolence.

Sa plus grande force réside peut-être sur scène. Charismatique et totalement à l’aise, Miki insuffle une énergie débordante à ses morceaux, notamment sur particule, qu’elle interprète avec une intensité digne d’une véritable rock star. Rock en Seine ne s’y est pas trompé : Miki fait partie de cette nouvelle génération d’artistes qui s’impose déjà comme incontournable.

Magi Merlin – Scène Roc-On Volkswagen, 19h00

Chez La Face B, on a toujours un œil et une oreille tendus vers Montréal et le Québec, on n’était donc pas passé à côté du petit phénomène qu’est Magi Merlin.

Après avoir disséminé une poignée de single depuis le début de l’année, la musicienne a dévoilé il y a quelques semaines son premier album : POWER HOUSE.

Et autant le dire, Magi Merlin porte définitivement bien son nom. Entre alchimie et magie, la musicienne se permet tout les mélanges pour nous offrir un son unique et personnel, au groove percutant et intense qui fera bouger les plus récalcitrants d’entre nous.

Au croisement du jazz, de la soul et de l’électro, Magi Merlin est un véritable électron libre au pouvoir de séduction assez énorme. Cette date à Rock en Seine a tout du rendez vous pour démarrer une belle histoire d’amour avec la France et de notre côté, on ne ratera absolument pas ce show.

Sombr – Grande Scène, 19h45

Shane Michael Boose connaît une ascension fulgurante depuis 2025 grâce à son titre back to friends, devenu viral sur TikTok. Ce succès propulse sur le devant de la scène ce jeune artiste new-yorkais, dont l’univers séduit par sa fraîcheur et sa sensibilité.

Le morceau figure sur son premier album, I Barely Know Her, paru la même année. Un disque qui regorge de pépites pop dansantes, à l’image de 12 to 12 ou undressed. À travers des sonorités vintage, des chœurs envoûtants et des mélodies accrocheuses, Sombr façonne une pop raffinée où se mêlent influences indie rock, disco et dream pop mélancolique.

Sa venue à Rock en Seine revêt un caractère tout particulier puisqu’il s’agira de son tout premier festival en France. Un rendez-vous très attendu, d’autant que Sombr avait, quelques mois plus tôt, affiché complet lors de deux doubles dates au Bataclan et à la Salle Pleyel, preuve de l’engouement grandissant du public français pour cette nouvelle scène.

À seulement 21 ans, il n’en est qu’au début d’une carrière qui s’annonce particulièrement prometteuse. Avec sa silhouette longiligne, son aisance scénique et ses pas de danse inspirés du disco, il possède déjà tous les atouts pour séduire le public francilien.

Tyler The Creator – Grande Scène, 21h45

Pour bien commencer son édition 2026, Rock en Seine place en tête d’affiche de son mercredi le métamorphe le plus cool de la scène américaine.

De notre côté, on le suit depuis ses tout débuts avec Odd Future et son premier album Bastard et on reste émerveillé par cette trajectoire aussi logique qu’inattendu le faisant passer du rap underground assez cradingue à la soul et à la pop jamais réellement mainstream mais toujours hyper habitée et ambitieuse.

À chaque album son histoire, son concept et son personnage, depuis bientôt deux décennies le garçon de Los Angeles nous régale, nous surprend et nous choque par moment.

On a donc hâte de le voir sur la grande scène de Rock en Seine ce qui s’annonce déjà comme un grand moment. Ses deux derniers albums Don’t Tap the Glass (2025) et Chromakopia (2024) délivrant une palette assez folle musicalement, on se dit qu’effectivement 1h30 c’est tout juste assez pour traverser toutes les ères de Tyler The Creator. Le rendez vous est donc pris.

Jeudi 27 août : L’électro-pop au devant de la scène

Florence Road – Grande Scène, 16h25

L’île d’Émeraude peut se vanter de bien des richesses, et surtout de sa richesse musicale. Les talents irlandais émergents déferlent sur nous depuis près d’une décennie, et Florence Road, quatuor de jeunes musiciennes, est de ceux-là. Remarqué aux côtés de The Last Dinner Party ou encore d’Olivia Rodrigo, rien que ça, le groupe saura vous charmer avec son rock alternatif mélodieux et entêtant à souhait.

Avec aujourd’hui deux EP à son actif, Florence Road continue de défendre un projet dont les plus grands savent déjà qu’elles seront, elles aussi, bientôt des leurs. Chez elles, mélancolie et hargne se mêlent avec une aisance déroutante à une poésie évidente : leurs cœurs semblent avoir tant à dire, et la musique paraît toujours les sauver. Alors que nous avons manqué, avec regret, leur Bellevilloise d’avril dernier, on brûle de découvrir ce projet sur scène et d’entendre ces morceaux qui nous ont accompagnés pendant un laps de temps absolument déraisonnable (MissHeavyFigure It Out).

Djo – Grande Scène, 19h35

Djo, alias Joe Keery, n’est aujourd’hui plus à présenter. Acteur reconnu à l’écran d’une série réputée, l’artiste américain est enfin de retour en France. Si vous aviez loupé son Élysée Montmartre de juin 2025, joué à guichets fermés, ainsi que l’unique occasion de le voir dans un cadre intimiste, alors ne manquez sous aucun prétexte son unique date française cette année.

Tandis que les plus passionné.e.s et fanatiques d’entre nous le suivent depuis ses débuts et ont pu admirer l’étendue de son talent artistique, à la palette sonore aussi riche que diversifiée, il est indubitable que son nom figure tout en haut de la liste de nos immanquables.

En avril dernier, il a sorti The Crux, troisième album studio qu’il défend depuis avec brio, aussi bien en tête d’affiche que plus récemment aux côtés de Tame Impala, dont il assure la première partie de la tournée américaine.

Un album dont la réussite n’est aujourd’hui plus à débattre et où chaque morceau vous fera chanter à l’unisson, que ce soit sur l’unanime End of Beginning, LinkDelete Ya ou encore notre coup de cœur absolu, Egg, dont l’arrangement live est de ceux qui touchent notre corde sensible – Can one be great / Can one be kind? – You sure can, Joe. On se réserve déjà le premier rang.

Sam Quealy – Scène AXS, 20h35

Sam Quealy peut être considérée comme l’une des nouvelles reines de la techno-pop. L’artiste australienne, installée à Paris, cultive un univers aussi flamboyant que provocateur, qui n’est pas sans rappeler la Madonna des années 1990. Ses nombreuses collaborations avec le groupe français La Femme, dont Marlon Magnée est également son compagnon, lui ont permis de s’épanouir pleinement dans son projet solo. Dès lors, une question s’impose : retrouverons-nous ce duo sur Watch Me Now ? On ne demande que ça.

Sur scène, Sam Quealy transforme chacun de ses concerts en véritable performance. Entourée de deux danseurs à ses ordres, elle incarne une dominatrice glamour à l’attitude aussi théâtrale que magnétique. Son esthétique rétrofuturiste puise autant dans l’électroclash que dans l’imaginaire des clubs berlinois, avec une fascination assumée pour les codes du BDSM chic et de la haute couture.

Sorti en début d’année, son deuxième album, Jawbreaker, prolonge cette identité en explorant des sonorités plus sombres, nocturnes et résolument club. Plus sensuel que véritablement sexuel, il gagne en élégance par rapport à son premier opus, Blonde Venus, sans rien perdre de son irrésistible pouvoir dansant.

Vous l’aurez compris : Sam Quealy est une véritable fabrique à tubes techno-pop alternatifs. Encore trop méconnue du grand public, elle possède pourtant tous les ingrédients pour marquer les esprits. Avec elle, il y en aura autant pour les oreilles que pour les yeux ainsi que vos semelles usées par les pas de danses

Bonne Nuit – Scène Rock-On Volkwagen, 21h40

Une nouvelle vague de pop rock est en train d’émerger en France. Portés par des boîtes à rythmes, des synthétiseurs lumineux et des guitares aériennes, ces groupes façonnent des morceaux à la fois immédiats, dansants et addictifs. Puisant autant dans le rock indépendant que dans la new wave, ils insufflent un vent de fraîcheur sur la scène française.

C’est notamment le cas des Vendéens de Bonne Nuit, révélés en 2024 avec leur single Le Désert. À la Face B, nous les avons découverts lors du festival Restons Sérieux du Supersonic, où leur prestation nous a immédiatement convaincus.

Le groupe excelle à raconter les petits drames et les absurdités du quotidien avec un mélange de mélancolie et d’euphorie. Des titres comme La Vie est Belle ou Mes Amis en sont la parfaite illustration : derrière des paroles mordantes se cache une irrésistible envie de danser, portée par des productions aussi nerveuses qu’enivrantes.

Cette année, Bonne Nuit a confirmé son ascension avec la sortie de son deuxième EP, Crier Vomir Pleurer. Son titre éponyme est rapidement devenu leur morceau le plus streamé. Avec: une urgence émotionnelle, une énergie punk et une production electroclash percutante, le titre transforme les tourments du quotidien en une véritable décharge d’adrénaline.

Programmés en même temps que la tête d’affiche Lorde, ils risquent de passer sous les radars de nombreux festivaliers. Pourtant, si vous cherchez une excellente mise en jambes avant Lewis OfMan, Bonne Nuit pourrait vous faire passer une bonne soirée

Vendredi 28 août : Le retour de l’indie et du classique rock

Sparks – Scène Boursobank, 18h55

C’est tout simplement incroyable de pouvoir encore admirer de véritables légendes du rock sur scène. Pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore (vous êtes pardonnés), Sparks est un duo formé par les frères Ron et Russell Mael en 1968. Plus de cinquante ans de carrière, donc. Ils ont traversé toutes les époques, de la fin des Beatles jusqu’aux concerts de Jul au Stade de France. Rien que pour cette longévité, le respect s’impose.

Mais si Sparks est toujours là aujourd’hui, ce n’est pas seulement grâce à son endurance. C’est surtout parce que le duo n’a jamais cessé de se réinventer. Dès leurs débuts, des morceaux comme Wonder Girl laissent entrevoir leur goût pour les mélodies sophistiquées, les harmonies vocales et le piano, tout en restant ancrés dans un rock très marqué par les années 1960.

Au fil des décennies, Ron et Russell Mael développent une identité unique. Les envolées lyriques de Russell, son timbre de fausset immédiatement reconnaissable et les compositions excentriques de Ron deviennent leur signature. Alors que le rock traditionnel s’essouffle à la fin des années 1970, Sparks prend un virage décisif vers la synthpop et la new wave. Le duo signe alors plusieurs classiques incontournables, parmi lesquels The Number One Song in Heaven, When Do I Get to Sing « My Way » ou encore This Town Ain’t Big Enough for Both of Us, autant de morceaux qui influenceront des générations d’artistes.

Loin de vivre uniquement sur son prestigieux passé, Sparks continue d’enrichir une discographie hors norme. Leur vingt-septième album, MAD!, poursuit cette quête permanente de renouvellement, mêlant humour, élégance et mélodies irrésistibles. Plus récemment, leur collaboration avec Gorillaz sur The Happy Dictator a rappelé à quel point leur créativité reste intacte.

Voir Sparks à Rock en Seine, ce n’est pas seulement assister à un concert : c’est rencontrer une page vivante de l’histoire de la musique Des légendes, tout simplement, qu’il faut avoir vues au moins une fois dans une vie.

The Black Keys – Grande Scène, 19h55

Pour cette soirée du vendredi à Rock en Seine, deux groupes phares de l’indie rock retiennent particulièrement notre attention.. Le premier ? The Black Keys. Pourquoi ? Parce que « Lonely Boy », « Little Black Submarines », « Howlin’ for You »… enfin bref, vous l’aurez compris : s’il y a bien un duo qui mérite son statut de machine à tubes, c’est eux.

Accompagnés de leurs musiciens sur scène, Dan Auerbach et Patrick Carney se font plutôt rares dans l’Hexagone : un seul festival cet été, Rock en Seine, seulement trois l’an dernier, et seulement le Zénith de Paris sur leur dernière tournée mondiale. Leur passage au Domaine national de Saint-Cloud est donc une occasion en or de découvrir leur dernier album « Peaches! » en live, sans oublier tous les morceaux qui ont fait leur légende.

Franz Ferdinand – Scène Boursobank, 21h05

Autre groupe mythique à ne surtout pas manquer ? Tout simplement Franz Ferdinand. Le groupe de rock écossais est sûrement l’une des formations les plus taillées pour les festivals. « Take Me Out » est devenu un tube planétaire qui déchaîne les foules dès les premières notes. Mais Franz Ferdinand est une véritable machine à tubes : « Ulysses », « No You Girls » ou encore « Do You Want To ». On se souvient d’ailleurs très bien de ce dernier titre lors de leur passage à Rock en Seine en 2017 : joué en début de set, il avait déclenché un immense circle pit dans la fosse.

Sachez que Sparks et Franz Ferdinand sont très proches et ont même déjà partagé plusieurs tournées. Auront-ils la bonne idée d’interpréter ensemble « Demagogue » ? Rendez-vous devant la scène de Franz Ferdinand pour le découvrir.

Nick Cave & The Bad Seeds – Grande Scène, 22h15

Alors oui, certains ont râlé en revoyant Nick Cave en tête d’affiche de cette édition. Un sentiment de déjà-vu peut surgir puisqu’il occupait déjà cette place en 2022. On peut regretter le manque de nouveauté, mais on ne va tout de même pas se plaindre de retrouver l’un des plus grands maîtres du rock contemporain.

Derrière son âme ténébreuse et une vie marquée par les drames, Nick Cave est avant tout un artiste d’une immense sensibilité. En concert, il se transfigure pour devenir un véritable showman, porté par ses musiciens et ses chœurs. Le spectacle se transforme alors en une véritable communion, célébrant la foi en la vie et la joie d’être ensemble. Il n’hésite jamais à venir au plus près du public, serrant les mains des spectateurs qui se pressent contre la scène.

Évidemment, son incontournable Red Right Hand est devenu encore plus iconique grâce à la série Peaky Blinders. Mais réduire Nick Cave à ce seul titre serait passer à côté de l’essentiel. À 68 ans, le musicien australien déborde toujours d’une énergie fascinante. Il expose ses forces, ses failles et sa résilience avec une intensité rare, nourrie par les épreuves qui ont jalonné sa vie.

Nick Cave viendra une nouvelle fois célébrer sa grand-messe, porteuse d’espoir, d’amour et de communion, avec une élégance et une sincérité que peu d’artistes parviennent à égaler.

Samedi 29 août : Une journée hardcore du même calibre (voire meilleur) que le Hellfest

Mannquin Pussy – Grande Scène, 15h40

Durant cette journée qui s’annonce dantesque et sportive, il faudra pointer le bout de son nez dès l’ouverture des portes. L’un des meilleurs groupes de rock de l’ère actuelle jouera à 15 h 40 sur la Grande Scène. Et on pèse nos mots.

Mannequin Pussy est un groupe d’indie rock aux fortes influences punk hardcore. À l’origine, il s’agit d’un duo fondé en 2010 par Marisa Dabice (chant, guitare) et Athanasios Paul (batterie). En 2021, ce dernier quitte le groupe pour ouvrir un nouveau chapitre de sa vie, tandis que Kaleen Reading, Colins Regisford et Maxine Steen viennent progressivement compléter la formation.

Le premier véritable coup d’éclat du groupe arrive avec Patience, sorti en 2019. Sans renier ses racines punk hardcore, Mannequin Pussy élargit son horizon en proposant un indie rock à la fois rageur, aérien et bouleversant. L’album figure d’ailleurs dans la liste des 100 meilleurs albums punk de l’histoire établie par Rolling Stone. Drunk II en est sans doute le plus beau symbole : la rage et la mélodie y fusionnent tandis que la voix de Marisa, à la fois cathartique et vulnérable, laisse une empreinte durable. Un véritable chef-d’œuvre.

Cinq ans plus tard, le groupe revient avec une nouvelle claque : I Got Heaven. Cet album confirme tout le talent d’écriture et de composition de Mannequin Pussy, qui continue de marier violence et mélodie avec une maîtrise impressionnante. Marisa s’y montre plus combative, plus affirmée et plus politique, s’attaquant frontalement aux hypocrisies religieuses et aux normes qui enferment les femmes.

On ne sait pas si elle renouvellera la tirade saisissante qui avait précédé Loud Bark au Trabendo l’an dernier. Une chose est sûre : on ne ressort jamais indemne d’un concert de Mannequin Pussy. Immanquable.

Amyl & The Sniffers – Grande Scène, 20h45

L’enchaînement TurnstileAmyl & The Sniffers est réservé aux plus intrépides d’entre nous, tant l’énergie fulgurante de l’un comme de l’autre sera au rendez-vous, et garantie d’ores et déjà des concerts qui vous laisseront à bout de souffle, mais plus vivants que jamais.

On ne sait même plus s’il est encore nécessaire de présenter les Australiens, tant ils ont déjà joué et conquis les cœurs aux quatre coins du monde. Leur performance à Rock en Seine en 2023 reste d’ailleurs gravée dans les mémoires : une euphorie contagieuse, une énergie débordante, un humour toujours aussi affûté et un engagement politique sans faille, plus nécessaire que jamais à une époque où l’obscurité semble être dans l’air du temps.

Presque deux ans après la sortie de Cartoon Darkness, et grands fanatiques de ces joyeux lurons que nous sommes, on espère quelques inédits pour nos retrouvailles. Au moins un, s’il vous plaît.

Turnstile – Scène Boursobank, 21h45

On va tâcher de retenir notre mécontentement de voir l’un des projets les plus notables de ces dix dernières années performer sur une scène bien trop petite pour eux. Alors qu’on voulait se les garder égoïstement, Turnstile a gagné en réputation auprès du grand public depuis la sortie de NEVER ENOUGH l’année dernière, également nommé meilleur album rock aux Grammy Awards 2026.

Un succès amplement mérité, qu’on ne leur enlèverait pour rien au monde tant il résonne dans le punk-hardcore des Baltimoriens, le reflet d’une sincérité sans faille.

Difficile d’oublier leur Zénith parisien de fin 2025, qui leur aura valu d’être hissés dans notre top 5 des meilleurs concerts de l’année. Un concert où il est difficile de voir une fosse entière (sans exception !) se mouvoir en rythme – un bon cardio sera nécessaire –, téléphone en poche, joie partagée. Pourtant, avec eux, c’est facile, et c’est aussi beau à voir qu’à vivre.

La belle bande de Brendan Yates nous fera ainsi le plaisir de venir entre nos murs défendre une nouvelle fois NEVER ENOUGH. En ce qui nous concerne, on ne manque aucune de leurs dates françaises depuis déjà quatre ans, et on compte déjà les jours avant ce qui figurera sans aucun doute parmi les moments les plus forts de cette année. 

Deftones – Grande Scène, 22h15

Évidemment, une tête d’affiche ne se manque jamais. Encore plus lorsqu’il s’agit d’un groupe aussi rare. Si le Main Square a eu la chance de les accueillir en 2025, il était grand temps que Rock en Seine puisse, lui aussi, les recevoir.

Depuis plus de trente ans, Deftones façonne une vision singulière du metal alternatif. Le groupe américain mêle puissance et délicatesse, alternant passages déchirants, envolées mélodiques et atmosphères éthérées avant de faire surgir d’immenses murs du son. Une approche qui rend leur musique étonnamment accessible, portée par des guitares aériennes et mélodiques

À l’écoute de Deftones, il se dégage une rage contenue qui semble n’exploser qu’à l’intérieur de nous-mêmes. Mais cette intensité côtoie une sensualité presque hypnotique, particulièrement perceptible sur des morceaux comme Change (In the House of Flies) ou Sextape.

Ces dernières années, le groupe a connu un spectaculaire regain de popularité grâce aux réseaux sociaux. Des titres comme Cherry Waves sont devenus viraux sur TikTok, où une nouvelle génération s’est réapproprié leur univers. Plus qu’un simple phénomène de mode, cette redécouverte témoigne de la capacité de Deftones à traverser les époques sans perdre de sa force émotionnelle.

Sorti en 2025, leur dernier album Private Music prouve que le groupe n’a rien perdu de son inspiration. Les compositions demeurent aussi envoûtantes et fiévreuses, confirmant le statut unique de Deftones dans le paysage du rock contemporain.

Ils viendront électriser la foule et achever cette journée qui s’annonce déjà mémorable. Une conclusion aussi intense qu’inoubliable.

Dimanche 30 août : Entre nostalgie, douceur et rock atmosphérique pour clore le festival

Ecca Vandal – Scène Boursoban, 14h20

Le concert le plus matinal du festival sera aussi l’un des plus immanquables. Ecca Vandal est une artiste australienne, née en Afrique du Sud, qui propose un univers absolument singulier. Au vu de son dernier album, elle aurait d’ailleurs tout aussi bien pu être programmée le samedi.

La musicienne a grandi au son du gospel, de la soul, du R&B et a même étudié le jazz. Ces influences lui ont apporté un sens du groove, une solide technique vocale et une incroyable liberté d’interprétation. Elle aurait pu poursuivre dans ces styles. À la place, elle a choisi… le punk. Car c’est dans cette musique qu’elle parvient à exprimer toute sa colère et son énergie, bien plus que dans des genres plus codifiés. Ecca Vandal remet en question les normes, dénonce les discriminations et revendique une liberté artistique totale.

Son deuxième album, LOOKING FOR PEOPLE TO UNFOLLOW, cristallise parfaitement cette identité. Les riffs sont bruts et résolument rock, les refrains lorgnent vers la pop sans jamais perdre leur intensité, tandis que son phrasé puise autant dans le rap que dans le spoken word.

CRUISING TO SELF SOOTHE martèle les tympans avec un rythme entêtant qui aurait très bien pu devenir un hymne de Turnstile. Sur THEN THERE’S ONE, elle retrouve ses racines hip-hop, sublimées par une soul hypnotique, tandis que l’ovni DANCE IN DEBT la voit explorer un punk lo-fi imprévisible. Vous l’aurez compris : Ecca Vandal possède une palette musicale d’une richesse rare.

Slowdive – Grande Scène, 16h25

Chaque concert de Slowdive est un voyage dans les abysses qui apaise autant qu’il bouleverse. On traverse toutes les émotions avec ce groupe shoegaze unique en son genre. En live, les morceaux de Souvlaki et de leuralbum éponyme Slowdine occupent une place centrale. Ce sont eux qui incarnent le mieux leur univers : des guitares aériennes, une basse profonde et enveloppante, et des nappes de claviers éthérées

Impossible de rester insensible devant tant de beauté. On se laisse emporter par la montée en puissance de Slomo, on ressent la rage contenue de When the Sun Hits, avant de retrouver un peu de réconfort dans des morceaux plus apaisés comme Kisses ou Alison.

Au-delà de sa puissance sonore, Slowdive accorde une importance toute particulière à son univers visuel. Les projections, les jeux de lumière et les images qui évoluent au fil des morceaux prolongent les émotions de la musique. Les musiciens s’effacent peu à peu derrière cette scénographie immersive, laissant le public se perdre dans un paysage brumeux où le son et l’image ne font plus qu’un.

Slowdive compose des morceaux magnifiques et intemporels qui hypnotisent autant qu’ils donnent des frissons. Héritier de groupes comme Cocteau Twins ou The Cure, notament

Wolf Alice – Scène Boursobank, 17h25

Peu de groupes ont réussi à naviguer avec autant d’aisance entre fragilité et puissance que Wolf Alice. Depuis ses débuts, le quatuor londonien s’est imposé comme l’un des projets les plus passionnants de sa génération, capable de passer d’une douceur presque suspendue à des explosions sonores d’une intensité rare.

Porté par la voix envoûtante d’Ellie Rowsell, le groupe n’a jamais choisi entre l’intime et le grandiose : il a toujours su faire cohabiter les deux. Une musique à la fois viscérale et délicate, où chaque morceau semble pouvoir basculer à tout moment entre la lumière et le chaos.

Après plusieurs années à construire un univers qui n’appartient qu’à eux, Wolf Alice est aujourd’hui devenu bien plus qu’une promesse. Une évidence. Et une occasion immanquable de découvrir, ou redécouvrir, l’un des groupes britanniques les plus fascinants de ces dernières années.

The Cure – Grande Scène, 20h45

Il y a des groupes dont le simple nom suffit à faire naître une émotion immédiate. The Cure appartient sans conteste à cette catégorie. Après plus de quatre décennies d’existence, la bande de Robert Smith continue de traverser les générations avec cette capacité rare à transformer la mélancolie en quelque chose de profondément lumineux.

Figure incontournable d’une certaine idée du rock, sombre sans jamais être désespérée, intime tout en étant universelle, la formation britannique viendra rappeler pourquoi ses morceaux ont accompagné tant de vies. De Just Like Heaven à A Forest, en passant par l’incontournable Friday I’m In Love, rares sont les groupes capables de réunir autant de générations devant une même scène.

Alors que leurs apparitions se font désormais plus précieuses, chaque rendez-vous avec The Cure prend des airs d’événement. Une occasion unique de se laisser emporter par ces mélodies qui ont traversé le temps, et qui continuent, aujourd’hui encore, de toucher là où peu d’autres savent aller.

Pour finir, plongez dans la playlist officiel du festival pour explorer ce qui vous y attend. Il y a du lourd.

https://open.spotify.com/playlist/7ccYb9ZjiHGqnOiQxOSXxm?si=3edca8e8acb443a9

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