En fin d’année passée, Vanille était de retour avec son troisième album, un chant d’amour. On a eu le plaisir d’échanger à nouveau avec Rachel autour de cette sortie pour parler de cinéma, de motown, de son évolution dans le chant et l’écriture et son envie de faire vivre son album sur scène.

LFB : Hello Rachel, comment ça va?
Vanille : Ça va trop bien. Je me sens comme sur un nuage.
LFB : Contente de ta soirée et de ton passage en France ?
Vanille : Tellement. Avec Nantes, Paris, mais j’aurais aimé que ça dure plus longtemps.
LFB : Tu aimerais jouer dans d’autres villes en France ?
Vanille : J’aimerais vraiment jouer dans le sud de la France. J’ai l’impression que ça serait cool. J’aimerais aller jouer à Marseille.
LFB : Avant de parler de l’album, j’aimerais que tu me parles de la pochette et de ta coupe de cheveux dessus.
Vanille : Premièrement, c’était deux perruques l’une par-dessus l’autre. Je voulais un personnage un peu de cinéma. Donc, je ne voulais pas mettre mes vrais cheveux parce que je voulais une autre identité. Toutes les bandes de filles que j’aime des années 60 portaient les perruques. Donc, c’est un peu un hommage à ça aussi.
LFB : C’est la première fois que tu apparais sur la pochette d’un album.
Vanille : Absolument.
LFB : Je me demandais justement si cet album-là, en particulier, c’était important pour toi de l’incarner.
Vanille : 100%. En fait, c’est Thierry Larosequi m’avait dit que lui aussi allait faire ça. Il a dit, au troisième album, il faut montrer sa face. Et comme c’est un album qui est, je pense, mon plus personnel, où je m’exprime le plus avec mes propres sentiments, sans que ce soit juste imagé. C’est plus viscéral, on va dire. Il fallait que je montre mon visage. Il fallait que ce soit marquant aussi. Je ne voulais pas juste mettre mon visage de façon banale. Il fallait que ce soit comme une claque. Alors, la mariée mélancolique est venue parce que ça fonctionnait avec l’album.
LFB : Le titre de l’album va aussi vers cette idée d’incarner quelque chose et de vivre quelque chose. Tout le concept de l’album, d’ailleurs, est hyper important. Parce qu’il y a là aussi ce personnage en train de créer quelque chose.
Vanille : Ben oui, et je suis vraiment fan de cinéma. J’ai étudié en cinéma, donc j’avais envie vraiment d’incarner un personnage. Ce que je n’ai jamais fait avant. Même sur scène, maintenant c’est Vanille sur scène, ce n’est pas la même chose. Je m’en détache vraiment et je me mets en avant. Je chante, j’assume plus le rôle de chanteuse. Ça me libère et c’est rafraîchissant pour moi.
LFB : Tu es moins masquée derrière la guitare aussi.
Vanille : 100%. De toute façon, c’est mieux pour aller chercher le public. Je les regarde dans les yeux quand je chante alors que quand je joue de la guitare, je me concentre sur mes accords.
LFB : C’est marrant que tu parles de cinéma. Est-ce que tu as l’impression que cet album-là est un peu la bande originale de ta comédie musicale fantasmée ?
Vanille : Absolument. Moi, justement, je m’inspire beaucoup de Michel Legrand qui fait la musique des films de Jacques Demy. C’est comme si j’avais créé mon propre petit film de Jacques Demy avec ma propre petite trame sonore. Ça se passe hors du temps, hors d’aujourd’hui, mais en même temps, c’est universel et on peut être touché parce que c’est de toute époque, c’est intemporel.
LFB : Même indirectement, on revient à une autre de tes passions qui est le médiéval. Pour moi, le chant, ça peut être la chanson, mais c’est aussi cette idée médiévale de poème un peu épique et quelque chose d’enlevé qui correspond très bien à ce que tu as fait dans cet album-là.
Vanille : Je n’y avais jamais pensé, mais tu as tout à fait raison. Absolument. Il y a quelque chose comme le récit médiéval. Il y a quelque chose d’épique, de dramatique. L’amour médiéval, on dirait que c’était très passionnel aussi. C’est comme revenir un peu à l’amour foudroyant, l’amour qui fait mal un peu. Qui consume.
LFB : Et qui fait renaître après.
Vanille : Comme un phénix.
LFB : Oui, c’est ça. Il y a ce côté très résilient dans l’album aussi, de ce que tu racontes. Ce n’est pas que de l’amour positif en fait.
Vanille : Parfois, c’est euphorisant. Parfois, c’est déchirant. C’est comme un peu une histoire que je raconte dans l’album. J’ai l’impression que ça commence avec une déclaration d’amour. Ça finit avec un « je t’attends ». Je vais rester là, je t’attends. C’est l’espoir, la note finale. C’est un peu une fin ouverte finalement aussi. On ne sait pas ce qui va arriver à cette mariée. En tout cas, elle a le cœur grand ouvert.
LFB : Quand tu écoutes l’album, j’ai eu la sensation musicalement d’avoir un gros câlin.
Vanille : Oui, ça me fait plaisir.


LFB : Est-ce que tu as l’impression, même un peu étrangement, que c’est aussi un album de résistance par rapport à l’époque dans laquelle on vit ?
Vanille : Absolument. Parfois, le danger, c’est que ça soit naïf. Les gens pourraient dire « Pourquoi elle chante des trucs qui sont enfantins ou qui pourraient être superficiels ? ». Je pense que j’ai déjà dit ça dans d’autres d’interviews. Pour moi, le bonheur, c’est sérieux. Je pense qu’au contraire, il faut mettre l’amour et la bienveillance en avant plus que jamais.
LFB : C’est ce que tu dis, il n’y a pas d’amour sans espoir.
Vanille : Oui, c’est vrai, je le dis.
LFB : C’est une phrase qui est hyper importante, de dire que si tu perds goût à tout, tu ne peux plus aimer et tu ne peux plus avancer dans la vie. On vit une époque tellement sombre. Je trouve que c’est important aussi d’avoir des albums comme ça qui te disent « Continue à espérer ».
Vanille : Exact. Finalement, c’est le monde qui va changer quand nous on va changer. On fait partie du monde. Ça commence par une personne qui a le cœur ouvert. Ça va influencer les autres. C’est un cycle.
LFB : Je trouve que ça parle aussi d’amour de soi.
Vanille : C’est certain. Je peux comprendre.
LFB : Il y a certaines chansons un peu miroir du personnage qui dit aussi que pour aimer les autres, il faut s’aimer soi-même et avancer comme ça.
Vanille : Tout à fait. Oui, je suis d’accord.
LFB : Tu l’as imaginé comment ce cheminement, cette histoire-là ? J’ai l’impression que c’est un album où il y a plus un storytelling. Une histoire un peu cachée.
Vanille : Oui, c’est ça. C’est vraiment comme un film dans ma tête. J’ai vraiment puisé mes émotions les plus pures et mes envies les plus profondes. Ça passe par la paix, l’amour de soi, évidemment. D’avoir de la bienveillance pour autrui, pour soi. C’est de mettre fin au cycle de violence. On est tellement habitués à beaucoup de haine. On le sait, même sur les réseaux sociaux. Ça fait du bien de dire stop. Moi, j’envoie des fleurs à la place. Même dans le concert, je le ressens plus que jamais. Comme ce soir-là. Je le chante aux gens quand je chante l’amour. Et eux, ils me redonnent absolument ça avec leur sourire. Il y a un regard pétillant. Il y a un échange que je n’avais jamais eu avant cet album-là.
LFB : Encore une fois, ça vient aussi du fait que c’est un album qui est pensé plus comme une chanteuse. Il y a un truc de plus affirmé dans la voix et dans la façon dont tu chantes.
Vanille : Oui, c’est ça. C’est récent. On dirait que dans ma tête, j’ai toujours été un auteur-compositeur. Je n’assumais pas que j’étais chanteuse, parce que je n’aimais pas tellement ma voix. Mais là, je me suis inspirée de Weyes Blood, de Johnny Mitchell. C’est aussi des voix incroyables. Même Nancy Sinatra. Pourquoi je ne l’assumerais pas ? Même de composer au piano, ça a ouvert toute une autre façon de chanter. Ce n’est pas la même chose que quand je suis la rockeuse.
LFB : C’est marrant parce que je parle toujours de références très années 50-60. J’ai beaucoup pensé à la Motown sur cet album-là.
Vanille : Oui, absolument.
LFB : Dans la façon de chanter. Mais aussi, d’avoir ces histoires d’amour expansives et un peu douces-amères.
Vanille : Absolument. J’ai écouté beaucoup de soul dans la dernière année. Deux cœurs, c’est vraiment mon hommage à Marvin Gaye.
LFB : Tu continues à explorer. Ce qui est intéressant, c’est que d’album en album, tu restes sur les mêmes influences d’un point de vue temporel mais tu explores des genres différents.
Vanille : Exact. C’est ça que j’avais envie de faire. La soul, c’est quelque chose que je trouve très intéressant dans la musique, mais aussi au cinéma. C’était mon hommage personnel à la soul, mais aussi au cinéma. Tout se mélange ensemble pour créer mon champ d’amour.
LFB : Il y a l’importance des chœurs aussi. Ils ne sont pas présents sur tous les morceaux, mais quand ils sont présents, ils sont hyper importants et hyper nécessaires, je trouve, dans la façon dont ils sont utilisés.
Vanille : Ça aussi, c’est quelque chose que j’avais envie d’explorer. Ça, c’est très propre à la sunshine pop aussi, des gros chœurs. Je pense à un groupe pas très connu : Roger Nichols & The Small Circle of Friends. C’est un disque anglais avec des mélodies, des harmonies luxuriantes. J’aime la richesse des harmonies en général dans la musique, et l’élégance aussi. Je voulais faire un album élégant. Je pense que ça a marché parce que les gens me disent que c’est élégant.
LFB : Oui, et ce qui est intéressant, c’est que c’est un album qui, musicalement, est facile d’accès et qui raconte plein de choses, qui pousse à creuser et à envisager les morceaux différemment selon les époques et selon l’état dans lequel tu es.
Vanille : Exact. C’est un peu un mini-cours d’histoire de la musique. Je suis une collectionneuse de disques, et j’ai beaucoup de références. C’est vrai que c’est de la musique de référents, on va dire. Mais en même temps, ce n’est pas indigeste si tu n’as pas les références. Je pense que pour vraiment aimer ça, il faut connaître le Motown, la Soul, il faut connaître ça pour comprendre ce que j’ai eu envie de faire.
LFB : Il faudrait limite que tu fasses une playlist explicative à côté de tes albums.
Vanille : Ça va venir, je pense qu’il va falloir que je le fasse. Avec plein de titres associés, par exemple, à Lune d’argent.
LFB : Est-ce qu’il y a un sample au début de Lune d’argent ?
Vanille : Non, mais je sais que tout le monde me dit que ça ressemble à Wake me up before you go go.
LFB : Ça m’a fait penser à un son de Hip-Hop un peu.
Vanille : Mais tu sais, la Soul, c’est l’ancêtre du Hip-Hop finalement. C’est même une voix que je vais continuer à explorer, le côté vraiment Soul. J’aime le drum and bass qui slap avec un groove. C’est nouveau dans mon son et je pense que je vais continuer de l’explorer.

LFB : Et du coup, sur une musique qui est certainement très anglo-saxonne, est-ce qu’il y a une sorte de défi permanent qui est associé à l’écriture en français et en québécois ?
Vanille : C’est ça, c’est comme si je ne trouvais pas au Québec d’équivalent à ce que j’aime en termes d’influence anglo-saxonne. Alors je me suis dit que j’allais le faire moi-même. Et de chanter en français, ça donne juste que c’est une dimension qui est unique au projet. Parce que j’aurais pu faire tout ça en anglais, mais ça aurait plus ressemblé à ce que d’autres personnes font et justement à des trucs comme Drugdealer ou chez Mexican Summer et tout ce que j’aime. Ou genre même Melody’sEcho Chamber, que j’adore. Mais de chanter en français, ça donne vraiment un produit unique qu’on ne retrouve pas vraiment ailleurs.
LFB : Oui, c’est ça. Il y a un challenge aussi un peu particulier d’avoir le mot qui groove et qui sonne bien en français sur de la musique comme ça.
Vanille : C’est vrai. Je n’y avais pas pensé. Mais je pense que c’est venu quand même naturellement. Parce que justement, je pensais beaucoup aux film de Michel Legrand, et justement ça swingue, c’est jazz, mais dans une langue franco-française. C’est comme si je me disais, ok, je suis Catherine Deneuve, je chante, mais en Californie.
LFB : Mais ce qui est intéressant, c’est que l’écriture garde toujours ce côté imagé et un peu onirique, mais je trouve que là, les textes sont beaucoup plus directs que ce que tu avais fait avant.
Vanille : Absolument. Je pense qu’avant, j’étais beaucoup dans l’introspection. Je me tournais vers moi, peut-être à cause de la COVID, mais je puisais pour voir je me sens dans l’univers, ma place dans le monde. C’étaient ça les thèmes de l’autre album. Mais là, c’est vraiment porté vers l’autre. Au lieu de me demander comment je me sens, je dis à l’autre comment je me sens.
LFB : Ça va parfaitement avec le titre de l’album finalement.
Vanille : Oui, c’est vraiment une déclaration à l’autre que je n’ai jamais faite avant.
LFB : Justement, on a parlé d’un truc hyper important dans l’album, c’est le piano, qui change beaucoup de choses aussi. Qui est beaucoup plus présent et qui apporte une chaleur différente à ta musique.
Vanille : Absolument, et puis même ça m’a fait chanter différemment. C’est comme si les fréquences du piano me font chanter d’une autre façon que celles de la guitare. Quand je joue de la guitare, il y a quelque chose de juvénile qui sort, un peu plus adolescent
Tandis que quand je joue au piano, c’est comme si j’étais soudainement la femme qui avait vécu toutes les douleurs du monde. Il y a quelque chose dans le timbre qui s’est réchauffé. Peut-être qu’en vieillissant aussi, le son est un peu plus mature. Peut-être parce que j’approche la trentaine. Cette année, j’ai 30 ans. J’avais envie d’être plus posée.
Mais en même temps, le concert garde l’énergie un peu adolescente du début. Mais après ça, ça passe à quelque chose de plus mature, plus posé. Ça me fait du bien de jongler entre les deux.
LFB : C’est intéressant. J’ai l’impression qu’un morceau comme Main dans la main, qui est l’avant-dernier de l’album, est un peu un fondu au noir avant le générique de fin.
Vanille : C’est 100% ça.
LFB : C’est cette transition douce vers un dernier morceau.
Vanille : Qui est un peu épique.
LFB : Épique, mais avec du piano et des choses qui appellent à garder espoir. J’ai l’impression que c’est vraiment le mot d’ordre de cet album-là.
Vanille : Oui, exact. Ça fait du bien de représenter l’espoir un peu. Parce que ce n’est pas facile d’avoir de l’espoir de nos jours. Peut-être que parce que je suis privilégiée, je peux l’être aussi. Je ne vis pas les mille misères du monde. Je suis exposée quand même à tout ça. Ça fait que c’est plus facile pour moi de chanter l’amour parce que je suis privilégiée.
LFB : Ton premier album a fêté sa 5e année cette semaine. Tu as fait trois albums et un EP. C’est quand même énorme en 5 ans.
Vanille : On dirait que je n’avais pas vu le temps passer. J’ai réalisé qu’il y a cinq ans, au Québec, personne ne savait qui j’étais. Même les gens dans le milieu de la culture. Du jour au lendemain, en 5 ans, j’ai fait ma place. Je suis vraiment fière de l’avoir fait sans avoir fait quelques concours. Je n’avais pas envie d’être celle-là. Mais après, chacun peut faire sa voix comme il peut. Je garde quand même une fierté d’avoir fait ce que je voulais faire et ce qui marchait avec mes valeurs. Je suis contente qu’on m’ait découverte de façon naturelle.
LFB : À travers la musique et le live aussi.
Vanille : Oui, c’est ça.
LFB : C’est peut-être aussi parce que tu es arrivée juste un peu après le COVID. Les concerts pouvaient reprendre et que les gens avaient envie de découvrir des choses.
Vanille : J’ai l’impression que même depuis 2-3 ans, il y a encore plus d’artistes qu’avant. On est un peu sur-saturé parfois. Comment on choisit ? Qu’est-ce qu’on veut écouter ? Il y a tellement de nouveautés chaque jour. Ça reste quand même un défi de se faire connaître. Et à l’international aussi.
LFB : C’est quoi tes envies avec cet album ? Est-ce que tu as envie de le faire vivre sur la durée ou est-ce que tu penses déjà au prochain ?
Vanille : D’habitude, je pense déjà au prochain. Mais là, c’est la première fois que je me sens encore complètement en phase avec ce que je fais. J’ai envie de le faire vivre. Justement parce qu’on pense tout le temps à la prochaine chose. Ça, c’est un truc qui me fait de la peine. Je trouve qu’on veut toujours la nouvelle chose.
Vite, vite, vite, un nouvel artiste, un nouveau truc. Alors que moi, ce que j’aime, ce sont les choses qui marquent dans la durée. J’écoute juste des vieux trucs. J’aime revenir à des choses réconfortantes, qui marquent une période de ma vie. Parce que je suis nostalgique. J’espère que les gens vont continuer à être nostalgiques de mon album et l’écouter.
LFB : J’ai l’impression que c’est un album, de par ses thématiques et avec ce côté un peu plus solaire et enlevé qui peut aller sur le temps long.
Vanille : Je le souhaite. C’est dur à évaluer comment ça se passe en trois mois. C’est sûr que la réception est cool, mais après, comment ça va durer dans le temps ? On verra.
LFB : Si tu devais ranger ton album chez toi, à côté d’un livre, d’un film et d’un autre album?
Vanille : Ce n’est pas facile. Je vais commencer par l’album. Je pense que c’est un goût personnel. J’espère que je n’ai pas l’air prétentieuse. Je le mettrais à côté de Pet Sounds, des Beach Boys, parce que c’est mon album préféré. C’est un album qui a inspiré ma musique et qui continue de m’inspirer à chaque jour. J’adore Brian Wilson, donc c’est évident.
Après, pour un film, je prendrais All That Heaven Allows de Douglas Sirk. C’est un mélodrame des années 50 où une femme tombe amoureuse de son jardinier, mais il y a les codes sociaux qui font qu’ils n’ont pas le droit de vivre leur amour. Il y a quelque chose comme l’amour interdit, l’amour qui déchire.Ce serait ce film-là.
Et pour le livre ? C’est vraiment dans l’air du temps, mais je suis en train de lire Les Hauts de Hurlevent, d’Émilie Bronte. Je trouve que ça marche très bien avec mon album.
Crédit Photos : Cédric Oberlin