Pop Crimes, Mr. Bright Light

Trois ans après un premier long format prometteur, Pop Crimes revient avec Bright Light, un deuxième album qui s’inscrit dans une continuité évidente tout en affinant ses contours. Là où Gathered Together laissait encore place à des flottements contemplatifs, ce nouveau chapitre resserre le propos : dix titres plus directs, portés par une certaine idée du sens du collectif et de la liberté.

Dès les premières minutes de l’ouverture Open My Eyes, le groupe installe une atmosphère enveloppante, presque familière. Une forme de confort mélodique s’impose, comme si ces chansons avaient toujours existé quelque part en arrière-plan. Les guitares, plus présentes et affirmées, dessinent des voyages entre ballades électriques et élans plus frontaux. On pense souvent à cette tradition britannique qui consiste à faire naître de la nostalgie dans des refrains immédiatement entêtants. Cette valeur se retrouve sur leur single Promises

Bright Light, qui a été enregistré et mixé par Guillaume Siracusa (Special Friend, Young Like Old Me) au studio 4A Sound Factory, fonctionne avant tout par sensations. Il y a ce goût du voyage, très marqué, qui traverse l’album de part en part : une impression de route infinie, de villes qui défilent et d’observer à distance le monde qui nous entoure. Puis des pauses rythmiques s’imposent comme au milieu de Promises où une ruptures soudaine s’accompagne d’une respirations inattendue et d’une relance habile : « Sometimes we try« .

Le quatuor a toujours eu ce goût pour la contemplation. Comme quatre rêveurs qui se rencontrent et partagent la même bulle. Dès leur premiers EP Débuts (2020) et leur excellent single Up to the Moon (2021), Pop Crimes s’amusait déjà à jouer sur des rythmes progressifs de plus en plus complexes et envoutants. On retrouve donc ce socle qui a bâtit Bright Light. Mais, désormais, les guitares se veulent plus sèches avec des tonalités plus rondes. On pense bien évidemment à la solitude de Kevin Morby et à ce détachement à la Kurt Vile en dégustant l’ensemble de ces dix morceaux.

Cependant, contrairement à Gathered Together, Bright Light contient moins de temps envoutant. Que ce soit sur l’énergique Sick, Sad, Troubled Or Down ou Should I Live In My Dreams, le groupe attaque frontalement les morceaux par un rythme plus tenu et accrocheur. Sur ce dernier, Pop Crimes semble avoir trouvé sa patte. Dès que le jeu s’allonge, que les arrangements s’enrichissent et que les motifs se développent, une cassure se créé pour nous embarquer sur un autre terrain. Les guitares s’entrelacent, les rythmiques se brisent puis repartent. L’ensemble gagne alors en ampleur. Il s’agit très certainement l’un des meilleurs morceaux de cet album.

On apprécie également la diversité des voix qui viennent appuyer le chant de Romain Meaulard. Ce dernier surprend par la diversité de son jeu qui s’est enrichi par des douceurs plus marqués et des sons plus éraillés sur les instants nerveux comme sur Seven Rounds. Cette voix rauque, cassé et presque hurlé nosu rappelle celle du chanteur Ellery Roberts de WU LYF. Au fil des titres, une même ligne émotionnelle se dessine : celle d’un équilibre fragile entre mélancolie et élan collectif. Pop Crimes parle d’amitié, de doutes, de combat tout en gardant cette volonté de rassembler à travers différents personnages. . Le final Sometimes vient d’ailleurs refermer cette parenthèse avec justesse et simplicité qui agit comme une synthèse des intentions du groupe : mélodie, tension et relâchement.

Plus affirmé et plus dense, Bright Light est un album qui s’impose par sa cohérence et son honnêteté. Il confirme le talent du groupe à construire des morceaux indie pop centrée sur des guitares mélodiques et un songwriting touchant. Par son harmonie et sa sincérité, ces dix titres deviendront peu à peu la trame sonore des moments de liberté partagés.

Coup de coeur de l’album : Open My Eyes, Sometimes, Seven Rounds, Should I Live In My Dreams

©Crédit Photo : Edouard Bertrand

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