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Rencontre avec Dea Matrona
Dea Matrona est un duo rock féminin venu de Belfast. Une histoire improbable, née presque malgré elles, lorsqu'un professeur décide de faire jouer ensemble deux adolescentes qui ne peuvent pas se supporter. Des années plus tard, Orláith Forsythe et Mollie McGinn ne se contentent plus de partager une scène : elles écrivent, composent, produisent et façonnent leur musique à quatre mains, portées par une complicité artistique aussi naturelle que sincère.
À l'occasion de la sortie de Hate That I Care, nous les avons rencontrées à Paris. Un album plus intime, où elles troquent l'assurance de leurs riffs contre des questions plus universelles : le doute, la colère, l'identité, l'engagement ou encore la difficulté d'assumer pleinement qui l'on est. Drôles, spontanées et incapables de réciter une réponse toute faite, elles se livrent avec la même sincérité que celle qui traverse leurs chansons. Une conversation où il est autant question de rock que de vulnérabilité, de sororité et de cette conviction qui les anime depuis leurs débuts : oser, même quand on a peur.

« Faire cet album a été très cathartique. Le simple fait de nous autoriser à être plus honnêtes et à nous exprimer plus librement nous a fait énormément de bien. » Orláith Forsythe, Dea Matrona
La Face B : Bonjour Dea Matrona, ravie de vous rencontrer. Comment allez-vous aujourd'hui ? Comment se passe la promo ?
Orláith Forsythe : Ça va bien, mais on a très chaud. On nous a dit que c'était pourtant la semaine la plus fraîche.
La Face B : J'aimerais commencer par revenir un peu sur votre histoire. Vous vous êtes rencontrées parce qu'un professeur vous a, en quelque sorte, forcées à jouer ensemble. Vous étiez en compétition lors d'un concours de talents à l'école. Avec le recul, c'est assez drôle de voir à quel point cette petite décision a complètement changé le cours de vos vies. Si ce professeur n'avait jamais pris cette décision, où pensez-vous sincèrement qu'Orláith et Mollie seraient aujourd'hui ?
Mollie McGinn : Je pense qu'Orláith serait une excellente professeure de guitare. À l'époque, tu donnais déjà beaucoup de cours de guitare traditionnelle. C'est ce qu'Orláith voulait faire. Moi, j'étudiais les maths. Alors... peut-être que je serais devenue comptable ?Quoi qu'il en soit, nous sommes désormais votre nouveau groupe manufacturé préféré. Et c'est une histoire totalement vraie. (Rires.)
Orláith Forsythe : On a d'ailleurs revu ce professeur récemment. Il est venu nous voir lors de notre concert à Belfast. Je ne savais même pas qu'il était dans la salle, mais sur scène on racontait justement comment tout avait commencé et à quel point on était heureuses d'être là aujourd'hui. Après le concert, il est venu au stand de merchandising pour acheter un t-shirt. C'était vraiment génial. C'était touchant parce qu'il a entendu toute l'histoire racontée depuis la scène.
La Face B : Je pense qu'il a aussi eu du flair. Vous avez toujours eu des harmonies vocales très solides, surtout sur votre premier album. Il a dû sentir que vous seriez plus fortes ensemble.
Mollie McGinn : Musicalement, l'alchimie était là. Mais, à cette époque, on ne pouvait vraiment pas se supporter. Vraiment pas. On était presque des ennemies. Je n'étais pas du tout contente de devoir participer à ce concours avec Orláith. Et j'étais aussi très vexée qu'elle ait choisi la chanson qu'on allait jouer. On s'est vraiment disputées à cause de ça. Après ce concours, on ne s'est même plus parlé pendant un moment parce que j'étais furieuse qu'Orla ait choisi une chanson que je n'aimais pas.
La Face B : Et vous avez gagné ce concours ?
Mollie McGinn : Non... (rires) Non, on ne l'a pas gagné.
La Face B : Vous vous connaissez depuis l'école, mais vous avez aussi grandi ensemble en tant que musiciennes. Aujourd'hui vous êtes compositrices, auteures et productrices. Comment votre relation a-t-elle évolué sur le plan créatif ? Et, par curiosité... comment êtes-vous finalement devenues amies ? Vous avez arrêté d'être ennemies, en quelque sorte.
Mollie McGinn : Ça a pris énormément de temps. Vraiment beaucoup de temps. Même lorsqu'on jouait déjà ensemble, on n'était pas aussi proches qu'aujourd'hui. C'était très... enfin...
Orláith Forsythe : Il y avait une compétition très saine entre nous. Il n'y avait pas beaucoup de gens dans notre école qui avaient envie de faire ce qu'on fait aujourd'hui : jouer de la guitare, monter un groupe... Alors ça nous poussait constamment à progresser. Si Mollie apprenait un morceau de guitare particulièrement difficile, j'avais aussitôt envie d'en apprendre un aussi. Tu vois ce que je veux dire ? Au début...
La Face B : Vous vous poussiez mutuellement vers le haut.
Orláith Forsythe : Exactement. C'était très sain au départ. Et je pense que notre relation créative fonctionne toujours un peu comme ça aujourd'hui. On s'inspire mutuellement et on s'encourage en permanence.
Mollie McGinn : Moi, j'avais beaucoup trop peur d'aller faire de la musique dans la rue toute seule. J'avais besoin de gagner un peu d'argent et je me suis dit qu'Orláith accepterait peut-être de venir avec moi. Au départ, c'était presque un accord commercial. (Rires.) Et finalement, ça a très bien marché. Pendant toute notre adolescence, on n'a jamais eu besoin de petits boulots parce qu'on gagnait suffisamment d'argent grâce au busking. Puis, des gens qui nous voyaient jouer dans la rue nous ont proposé d'animer des mariages, des garden-parties... Ensuite, on a commencé à jouer chaque semaine dans des pubs alors qu'on était encore au lycée.
Quand on a quitté l'école, on avait déjà plusieurs résidences régulières. Il nous arrivait de jouer cinq ou six concerts par semaine tout en continuant le busking tous les week-ends. En revanche, cette période nous laissait très peu de temps pour nous consacrer à notre propre musique, parce qu'on était essentiellement un groupe de reprises.



La Face B : Justement, comment cette relation créative a-t-elle évolué ? Vous êtes passées des reprises à l'écriture de vos propres chansons. Votre complicité vocale est évidente, mais écrire ensemble est sans doute un exercice différent.
Orláith Forsythe : On écrit ensemble depuis le tout premier jour. C'est quelque chose qu'on a toujours fait. Je me souviens encore de la première chanson qu'on a écrite à deux : il y a eu comme une étincelle. Je me suis dit que c'était un peu comme Lennon et McCartney, ou ABBA, ces gens qui composent à deux. J'ai compris pourquoi autant d'artistes aiment écrire avec quelqu'un d'autre.
C'était une sensation incroyable. Et c'est quelque chose qu'on continue de faire aujourd'hui. Plus récemment, on s'est aussi mises à produire notre propre musique, et ça a apporté une nouvelle dimension à notre partenariat créatif. C'est très stimulant et ça permet aussi de garder les choses fraîches, parce qu'on continue d'évoluer ensemble de cette manière.
La Face B : Lorsque vous avez commencé à produire vos morceaux, vous avez appris sur le tas ?
Mollie McGinn : Oui, complètement. C'était beaucoup d'essais et d'erreurs. Je pense que si vous réécoutez nos premiers morceaux aujourd'hui, vous entendrez — j'espère — notre progression. À l'époque, je ne savais même pas vraiment ce qu'était le mixage. On enregistrait tout dans la Focusrite, on voyait ce qui en sortait, puis on mettait directement les morceaux sur Spotify. Il nous a fallu des années avant de vraiment maîtriser tout ça.
Au départ, on voulait surtout apprendre à s'enregistrer nous-mêmes parce qu'on avait travaillé avec un producteur, mais on s'est vite rendu compte que c'était très cher. On rêvait de faire un album, mais on n'avait ni maison de disques ni véritable soutien financier. On s'est simplement dit : "on veut faire de la musique, alors on va trouver une solution".



La Face B : Si on revient à l'écriture, ce qui me frappe quand j'écoute vos chansons, c'est qu'on ne distingue jamais clairement qui en est l'auteur. Par exemple, chez The Last Shadow Puppets, on devine souvent quelle chanson est davantage d'Alex Turner ou de Miles Kane. Chez vous, tout se mélange. Vous chantez toutes les deux, vous écrivez, vous produisez et vous échangez même vos instruments. Alors comment une chanson naît-elle vraiment ? Vous partez d'un texte ? D'une mélodie ? L'une apporte une idée que l'autre développe ? Ou bien vous vous asseyez simplement ensemble ?
Mollie McGinn : C'est différent à chaque fois, et c'est toujours très collaboratif. Souvent, une chanson part davantage de l'expérience de l'une que de l'autre. L'une apporte une idée, une émotion ou une histoire, puis on essaie de l'interpréter ensemble. Quand vient le moment d'enregistrer, on enregistre systématiquement une prise avec chacune de nous au chant. Ensuite, on choisit simplement celle qui interprète le mieux la chanson. On est très honnêtes l'une envers l'autre à ce sujet.
Du coup, il arrive qu'Orláith chante une chanson qui parle de mon vécu, ou l'inverse. On ne précise jamais forcément à qui appartient l'histoire. Et je trouve ça plutôt intéressant.
La Face B : Parfois, il est plus facile de laisser quelqu'un d'autre prononcer ses propres mots. Cela crée une certaine distance, au lieu de revivre directement l'émotion. Vous écrivez, enregistrez et produisez tout vous-mêmes. Je sais que c'est au départ une question de budget, mais cela vous donne aussi un contrôle artistique total sur le son que vous aviez imaginé. Comment savez-vous qu'une chanson est réellement terminée, au lieu de continuer à la modifier indéfiniment ?
Orláith Forsythe : C'est probablement l'une des choses les plus difficiles quand on produit sa propre musique. On pourrait continuer éternellement à ajouter des idées. Je pense que le temps est essentiel. Il faut savoir prendre du recul, laisser les morceaux reposer, puis les réécouter avec des oreilles neuves. C'est ce qui permet de comprendre ce dont une chanson a réellement besoin... ou ce dont elle n'a pas besoin. Mais ce n'est jamais simple de décider qu'un morceau est terminé quand on le produit soi-même. Parfois, on le ressent simplement : on se dit qu'il est complet. Et puis, si on est perfectionniste, on continue toujours à vouloir corriger un détail ou ajouter quelque chose.
Mollie McGinn : C'est justement là qu'Orláith et moi ne sommes pas toujours d'accord. Moi, je suis celle qui veut refaire encore une prise, puis une autre... Alors qu'Orla est beaucoup plus détendue en studio.
La Face B : Chaque groupe possède des chansons qui deviennent des jalons dans son histoire. Quand vous réécoutez aujourd'hui Make You My Star, sorti en 2020, qu'entendez-vous ?
Mollie McGinn : Honnêtement... c'est cringe. (Rires.) Et je ressens ça avec beaucoup de nos premiers morceaux. Je crois que c'est l'une des choses les plus difficiles quand on grandit sous les yeux du public. On apprend en public. Il m'arrive souvent d'être gênée lorsque je regarde nos anciennes vidéos ou que je réécoute nos premières chansons, parce que je savais encore très mal mixer, et c'était quelque chose avec lequel on avait beaucoup de difficultés.
La Face B : Moi, je vois surtout deux très jeunes musiciennes pleines d'énergie, qui cherchent leur voie et qui osent se lancer. J'imagine que c'est toujours compliqué de regarder une version plus jeune de soi-même.
Orláith Forsythe : Oh oui. À cette époque, on cherchait clairement notre direction. On n'avait absolument aucune idée de ce qu'on faisait.
Mollie McGinn : Oui... et je n'aime déjà pas beaucoup me regarder aujourd'hui, alors encore moins revoir une version plus jeune de moi-même.
La Face B : Pourtant, votre répertoire a énormément évolué ces dernières années. C'est passionnant d'entendre cette évolution sur des morceaux comme Red Button, So Damn Dangerous ou encore Stuck On You. Avec le recul, est-ce que ces chansons représentent pour vous différentes périodes de votre vie ?
Orláith Forsythe : Complètement. Beaucoup de nos chansons sont très personnelles. Quand je pense à Glory Glory, par exemple, je revois immédiatement notre toute première tournée au Royaume-Uni. Je crois que c'était à Leeds, la première date. Le concert affichait complet et, tout à coup, le public s'est mis à chanter la chanson avec nous. Je me suis complètement effondrée. Nous n'avions jamais vécu quelque chose comme ça auparavant. Ce sont des souvenirs incroyables auxquels j'aime beaucoup repenser.
La Face B : Ce sont de véritables repères dans le temps.
Mollie McGinn : Exactement. Et récemment, c'était aussi génial de voir So Damn Dangerous commencer à vraiment décoller online
La Face B : Oui, le morceau a énormément progressé sur Spotify. Il est presque aussi populaire que Red Button.
Mollie McGinn : Oui, et on s'est rendu compte qu'il touchait particulièrement le public queer. Beaucoup de personnes LGBTQ+ se sont vraiment reconnues dans cette chanson. On a aussi vu énormément de femmes et de personnes queer dans notre public. Je me souviens notamment de notre concert à Stockholm : pendant So Damn Dangerous, on a vu deux femmes s'embrasser dans la foule. On a trouvé ce moment vraiment magnifique. Et puis j'adore cette chanson parce que, quand je la chante, je me sens sexy.
La Face B : C'est une chanson très sensuelle. J'adore Red Button. D'abord parce que j'aime énormément vos harmonies vocales. Vos voix se mélangent parfaitement. C'est un morceau qui fait du bien, et j'aime aussi le fait qu'il parle de toutes ces choses qu'on ne devrait probablement pas faire... mais qu'on fait quand même.
Dea Matrona : (Rires.) Oui.
La Face B : Est-ce que Red Button est inspirée d'une histoire vécue ?
Orláith Forsythe : Oui. Red Button est née d'une forme de colère face à l'état du monde à ce moment-là. Et plus particulièrement d'un point de vue féminin. On nous dit souvent : « Non, ne te mets pas en colère », « Reste tranquille », « Ne dis rien ». Cette chanson est née de cette frustration. Au contraire, il faut écouter cette colère. Il y a des raisons d'être en colère.
La Face B : Je trouve que c'est une chanson très forte pour les jeunes femmes. Vous avez parlé de So Damn Dangerous. Ce qui me plaît dans ce morceau, c'est son assurance, son côté presque insolent. D'où vient cette confiance ? Vous dites que cette chanson vous fait vous sentir sexy, mais au-delà de ça, c'est une chanson profondément sûre d'elle. Quand on l'écoute, on ressent cette confiance. Est-ce qu'elle a été inspirée par quelqu'un ? Est-ce que vous incarniez un personnage ?
Mollie McGinn : Très souvent, pour me sentir plus sûre de moi, j'ai besoin de faire semblant d'être quelqu'un d'autre. Pendant longtemps, même lorsque j'écrivais, j'essayais de me glisser dans la peau d'une autre personne. Je crois que, surtout avec ce nouvel album, j'ai commencé à trouver plus facile d'être simplement moi-même.
Et So Damn Dangerous parle justement de cette envie de se sentir sexy. Pour moi, « sexy » n'est pas quelque chose de physique. C'est davantage une émotion. Comme le bonheur ou la tristesse. Ce n'est pas une question d'être belle ou laide, mais plutôt une sensation intérieure.
La Face B : Vous regardez Euphoria ?
Dea Matrona : Oui.
La Face B : Il y a une scène que j'adore. Maddy maquille Lexi, qui lui dit : « Je me sens ridicule. » Et Maddy lui répond : « Comment crois-tu que je suis devenue aussi sûre de moi ? Parce qu'ils ne te connaissent pas. Ils ne savent pas qui tu es. » Donc tu peux être absolument qui tu veux. Je trouve cette phrase brillante. Elle change complètement la perspective. Finalement, personne ne sait vraiment qui tu es. C'est incroyablement libérateur.
Mollie McGinn : Oui, je trouve ça très inspirant aussi. La musique me donne ce sentiment de puissance. Chanter une chanson qui dégage de la sensualité, même quand toi-même tu ne te sens pas particulièrement sexy, finit justement par te faire ressentir cette confiance.
Orláith Forsythe : Absolument. Et ce que tu dis à propos de Maddy dans Euphoria, c'est exactement l'un des thèmes principaux de notre album. My Own Party, en particulier, parle de cette impression que tout le monde est en train de t'observer, de ce doute permanent : « Et si je n'étais pas assez bien ? » Puis, finalement, tu réalises que ça n'a pas d'importance. Tu avances malgré tout et tu prends des risques. Tu décides simplement d'être toi-même.
Mollie McGinn : Je pense aussi qu'en tant que femmes, on nous apprend très tôt à ne pas prendre trop de place. À nous faire plus petites pour répondre aux attentes des autres, que ce soit celles d'une fille de notre école ou même d'un membre de notre famille. Une grande partie de cet album parle justement de ça : devenir plus authentique et trouver sa propre confiance.
La Face B : Justement, parlons de ce nouvel album. Vous avez expliqué que For Your Sins présentait Dea Matrona, tandis que Hate That I Care révélait véritablement qui vous êtes. Alors... qui rencontre-t-on sur cet album ? Et si vous deviez présenter Hate That I Care à quelqu'un qui ne connaît absolument pas votre musique, comment décririez-vous cet album avec vos propres mots ?
Mollie McGinn : C'est le fait de détester à quel point on tient aux choses. Détester le fait d'être autant affecté par tout ce qui se passe de négatif dans le monde.Détester tenir autant à quelqu'un qui ne remarque peut-être même pas votre existence. C'est aussi chercher qui l'on est, tout en ayant parfois du mal à comprendre sa propre identité.
La Face B : Vous connaissez le livre The Subtle Art of Not Giving a Fck* ?
Orláith Forsythe : Oui ! Ross en parle souvent. Notre batteur adore ce livre.
La Face B : J'essayais justement d'en trouver un exemplaire d'occasion, parce qu'en France il est assez difficile de trouver certains livres en anglais. J'en ai finalement trouvé un vendu par une Irlandaise. Dans son annonce, elle écrivait : I did not like that book. I guess I give too many fucks. (« Je n'ai pas aimé ce livre... J'imagine que je tiens encore beaucoup trop à certaines choses. ») J'ai trouvé ça extrêmement drôle. Et ça m'a fait penser à Hate That I Care. On aimerait parfois réussir à moins se soucier des choses... mais on n'y arrive pas.
Mollie McGinn : Exactement. Je suis quelqu'un qui ressent tout très intensément. Que ce soit en amour, en politique ou face aux événements du monde, je peux être complètement absorbée par mes émotions. Ou devenir obsédée par quelqu'un au point que cela finisse par me faire du mal. J'espère que certaines personnes écouteront cet album et se reconnaîtront dans cette manière de tout vivre avec une telle intensité.
La Face B : Surtout aujourd'hui. Les infos sont devenues extrêmement anxiogènes. On passe son temps à les consulter et on finit par se sentir complètement prisonnier de ce flot permanent de mauvaises nouvelles et de fake news.
Mollie McGinn : En même temps, je pense qu'il est essentiel de rester conscient de ce qui se passe autour de nous. Quand on est artiste et qu'on dispose d'une plateforme, on a aussi une responsabilité. Cet album est né d'une volonté d'être davantage attentives au monde qui nous entoure et de ne plus avoir peur d'aborder certains sujets.
Pendant longtemps, même lorsqu'il était question de sexisme, on avait tendance à sourire sans savoir quoi répondre. Aujourd'hui, on assume beaucoup plus notre position. Par exemple, Rebel Song parle du génocide en Palestine, mais aussi de l'histoire et des luttes de notre propre pays. Et Aislinn aborde les violences masculines faites aux femmes.
La Face B : Ce nouvel album, ainsi que tous les thèmes que vous abordez, montrent qu'il est beaucoup plus vulnérable que vos précédents travaux. Il conserve toute cette énergie rock, bien sûr. Mais ce qui m'a frappé, ce sont les introductions de la plupart des morceaux. Je trouve qu'il y a une richesse nouvelle dans la manière dont les mélodies se construisent et dont les voix viennent se poser. C'est très différent du premier album.
Dea Matrona : Oui.
La Face B : Il y a beaucoup plus de guitares, davantage de lignes mélodiques, des introductions qui installent immédiatement une histoire. Musicalement, je trouve l'ensemble beaucoup plus riche. Les chansons parlent d'insécurité, de doute, de cette impression de ne pas toujours trouver sa place. C'est un thème auquel énormément de gens peuvent s'identifier.
Par exemple, My Own Party m'a immédiatement fait penser à The Great Gatsby. Il y a ce passage où Gatsby organise d'immenses fêtes mais reste seul, sur son balcon, à regarder les autres s'amuser. Il est complètement étranger à ce qui se passe autour de lui. Cette chanson m'a beaucoup rappelé cette image.
Mollie McGinn : Complètement. Même en tournée, ça peut arriver. On adore rencontrer les gens après les concerts, mais parfois tout se résume à : « Est-ce qu'on peut prendre une photo ? » On peut se sentir incroyablement seul, même au milieu d'une foule.
La Face B : Est-ce que ça a été difficile de vous autoriser à écrire aussi ouvertement sur ces émotions ?
Orláith Forsythe : Non. Au contraire, faire cet album a été très cathartique. Nous n'avions aucune attente particulière en commençant à l'écrire. Le simple fait de nous autoriser à être plus honnêtes et à nous exprimer plus librement nous a fait énormément de bien. Je pense que c'est pour cette raison que tant de chansons sont aussi personnelles et vulnérables.
Mollie McGinn : Je crois que c'est l'une des différences entre Orláith et moi. Moi, je trouve très difficile de m'ouvrir naturellement.
La Face B : Pourtant, vous y arrivez plus facilement dans l'écriture ?
Mollie McGinn : Oui. Avec Orláith, oui.



La Face B : Une autre évolution très marquante sur cet album concerne les mélodies et les dynamiques. Comme je le disais tout à l'heure, c'est très différent de For Your Sins. Est-ce que cette évolution était volontaire ? Ou bien les chansons vous ont-elles naturellement conduites dans cette direction ?
Mollie McGinn : Quand nous avons commencé à écrire ces morceaux, nous avons beaucoup plus réfléchi aux mélodies. Très souvent, nous composions d'abord la mélodie. Je me souviens qu'on travaillait ensemble sur des riffs de guitare, puis qu'on développait ensuite les mélodies au piano ou à la guitare. On cherchait vraiment à écrire des lignes mélodiques et des riffs plus intéressants. C'était une démarche totalement consciente.
La Face B : Ça s'entend immédiatement. Dès les premières secondes de chaque morceau, il y a beaucoup plus d'espace laissé aux guitares.
Orláith Forsythe : Je crois que c'est aussi ce qui nous a le plus amusées pendant la création de cet album. Le premier album nous a demandé beaucoup plus de temps parce qu'il couvrait plusieurs périodes différentes de notre vie. Les chansons avaient été écrites sur plusieurs années.
En revanche, cet album a été entièrement écrit et enregistré sur une seule année. Il raconte donc beaucoup plus précisément une période de notre vie.



La Face B : J'aimerais maintenant revenir plus en détail sur trois chansons. Commençons par Hate That I Care. C'est presque un dialogue intérieur. Mollie, tu as expliqué que cette chanson était en quelque sorte une lettre que vous vous adressiez à vous-même. Est-ce que son écriture a eu un effet thérapeutique ? Ou bien aviez-vous simplement besoin de coucher ces pensées sur le papier ?
Mollie McGinn : Oui, complètement. Le simple fait d'écrire ce genre de chansons avec Orla ressemble presque à une séance de thérapie. C'était extrêmement personnel. La chanson parle de la difficulté à accepter qui l'on est, de cette lutte avec sa propre identité. Je l'ai écrite à une période très sombre. Je me suis complètement isolée pendant plusieurs mois. J'étais devenue presque entièrement nocturne. Après notre tournée de novembre, l'année dernière, j'allais me coucher vers onze heures du matin et je me levais très tard dans l'après-midi. C'était assez fou, surtout parce que nous étions en plein processus de création de cet album.
La Face B : J'aimerais aussi parler de John Doe. Je pense que c'est probablement l'une des chansons les plus sombres que vous ayez écrites, autant sur le plan émotionnel que musical. Pourquoi cette histoire avait-elle besoin d'un son aussi lourd ?
Orláith Forsythe : John Doe est effectivement l'une des chansons les plus sombres de l'album. Elle est née après avoir regardé le film The Magdalene Sisters pendant la tournée. Nous ne nous en sommes d'ailleurs rendu compte qu'après coup. La chanson est aussi inspirée par les « backstreet abortions », la culpabilité catholique, les Magdalene Laundries en Irlande et cette idée de devoir cacher un secret qui pourrait vous faire rejeter par toute votre communauté. C'est clairement l'un des sujets les plus lourds que nous abordions sur cet album.
La Face B : Et puis il y a Aislinn. C'est une chanson incroyablement cinématographique et très intime. Pouvez-vous raconter son histoire et expliquer pourquoi il était important qu'elle figure sur cet album ?
Orláith Forsythe : Aislinn est la chanson la plus longue que nous ayons jamais publiée. Elle est très ample, presque épique. C'est sans doute l'une de mes préférées. Elle est née de l'histoire d'une amie très proche de Mollie. Je pense que c'est peut-être toi qui raconteras le mieux cette histoire.
Mollie McGinn : Oui. La chanson est inspirée de ce qu'a vécu une amie très proche. Elle traverse les conséquences d'un événement extrêmement traumatisant, ses difficultés psychologiques ensuite, et ce sentiment d'impuissance que nous ressentions parce que nous ne savions pas vraiment comment l'aider.
La Face B : C'est l'une de mes chansons préférées de l'album. Mes favorites restent My Own Party et John Doe, mais Aislinn m'a profondément marquée. C'est un morceau très sombre, qui prend énormément d'espace émotionnel. J'aimerais maintenant parler de la scène. Vous êtes passées des rues de Belfast, où vous faisiez du busking, aux premières parties de Sting, Bryan Adams, Sheryl Crow ou encore The Darkness sur leur dernière date à Paris. Qu'avez-vous appris au contact d'artistes qui maîtrisent aussi bien l'art de faire du rock spectaculaire tout en restant incroyablement divertissant ? Je pense notamment à Justin Hawkins, qui est un véritable showman. Mais Sheryl Crow possède aussi un charisme incroyable. Qu'est-ce que ces tournées vous ont apporté ?
Orláith Forsythe : À chaque fois que nous partons en tournée avec d'autres artistes, nous apprenons quelque chose. Chacun est différent. On observe leur manière de faire participer le public, leur façon de travailler, ou simplement leur gentillesse avec les groupes qui assurent leur première partie. Rien que les regarder évoluer sur scène est extrêmement enrichissant.
Nous avons énormément appris. Et je suis vraiment reconnaissante d'avoir eu la chance de jouer avec autant de légendes. Sheryl Crow est l'une de mes héroïnes. Sting... The Darkness... c'est un immense privilège de partager la scène avec ces artistes. Et puis nous sommes très heureuses de partir prochainement en tournée avec Wolf Alice. Ça va être une aventure formidable.
La Face B : Ellie Rowsell est une frontwoman très inspirante. Ce qui est intéressant, c'est qu'en dehors de la scène elle est plutôt calme et réservée. On retrouve cette dualité dont vous parliez tout à l'heure : devenir quelqu'un d'autre une fois les projecteurs allumés. Vous échangez constamment vos instruments sur scène. C'est presque devenu votre signature. Est-ce que cela rend encore les concerts plus excitants pour vous ? Et comment cette habitude est-elle née ?
Orláith Forsythe : Tout est parti de nos débuts dans la rue. Ma première basse était incroyablement lourde. Un jour, après avoir joué pendant un moment, j'ai demandé à Mollie : « Tu veux bien la prendre un peu ? Elle est beaucoup trop lourde ! » Et c'est parti de là. Aujourd'hui, c'est encore plus drôle parce que Declan, notre guitariste, est gaucher. Pourtant, sur Magic Spell, j'avais envie de chanter sans instrument. Alors il joue ma basse de droitier... à l'envers.
Maintenant, nous sommes trois à échanger nos instruments sur scène. Tu devrais voir nos câbles au milieu du concert... c'est un véritable plat de spaghetti ! (Rires.) On réfléchit sérieusement à passer au système sans fil.
Mollie McGinn : Le plus drôle, c'est que ce n'était même pas un choix artistique. Depuis le début, on essaie de se répartir les rôles : « Toi tu joues de la basse, moi de la guitare. » Et puis, sans qu'on sache vraiment pourquoi, on finit toujours par échanger.
Orláith Forsythe : C'est assez amusant parce que, souvent, des gens viennent nous voir après le concert en disant : « La bassiste était incroyable ! »
Et nous, on répond : « Laquelle ? » Personne ne sait vraiment qui est la guitariste ou la bassiste... et finalement, nous non plus. (Rires.)
La Face B : Tout devient complètement flou. Et au fond... est-ce que ça a vraiment de l'importance ? Ça me fait penser aux Lemon Twigs. À un moment du concert, sur la chanson "Till the Morning" tout le groupe échange les instruments. Brian D'Addario quitte sa guitare, Michael passe derrière la batterie... tout le monde change de place. J'adore ce côté complètement déstabilisant. Ça me rappelle aussi Muse dans les années 1990, lorsqu'une émission de télévision leur avait imposé de jouer en playback. Ils avaient refusé... en échangeant tous leurs instruments.
Orláith Forsythe : Oui ! Et Nirvana avait fait exactement la même chose. Et puis Mollie est aussi batteuse. J'essaie encore de la convaincre de jouer de la batterie sur scène. (Rires.)
La Face B : Quand vous ne faites pas de musique, où trouvez-vous votre inspiration ? Y a-t-il des livres, des films ou des podcasts qui ont récemment influencé votre écriture ?
Orláith Forsythe : En ce moment, nous sommes surtout en tournée. Mais ma plus grande source d'inspiration reste le fait de rentrer chez moi. J'habite dans un petit village qui s'appelle Dundrum, à environ une heure de Belfast. Les montagnes qui l'entourent sont magnifiques. C'est d'ailleurs ce paysage qui a inspiré C.S. Lewis pour écrire Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique. Chaque fois que je rentre, que je vais marcher ou simplement profiter de cet environnement, je retrouve immédiatement l'inspiration.
Mollie McGinn : Moi, je puise beaucoup d'idées dans les films et les séries, mais aussi dans mes relations avec les gens qui m'entourent. Ma série préférée reste Game of Thrones. Et, d'ailleurs, l'arrangement de Siren Song est directement inspiré de la scène où Cersei Lannister monte les marches du Grand Septuaire. C'est un exemple très concret d'une influence venue de la télévision sur notre album.
La Face B : Pour terminer sur une note plus légère : si un personnage de fiction pouvait assister à un concert de Dea Matrona, qui aimeriez-vous voir au premier rang ?
Mollie McGinn : Excellente question... Je dirais Cersei Lannister. Oui... définitivement.
Orláith Forsythe : Puisque Mollie choisit Cersei, moi je vais dire Miranda Priestly, dans Le Diable s'habille en Prada. J'ai l'impression que ces deux-là s'entendraient parfaitement. (Rires.) Et puis je crois que ça me pousserait à donner le meilleur de moi-même. J'aurais un peu peur de leurs regards... Une bonne peur.Celle qui donne envie d'être encore meilleure sur scène.
La Face B : Vous êtes deux femmes à la tête de votre groupe. Vous écrivez, produisez et prenez toutes les décisions artistiques vous-mêmes. Avez-vous parfois le sentiment de contribuer à redéfinir ce qu'un groupe de rock moderne peut être aujourd'hui ?
Orláith Forsythe : Oui. Je trouve formidable de voir autant d'artistes féminines émerger actuellement. Il faut continuer à les soutenir et à les encourager. Je suis extrêmement reconnaissante d'avoir Mollie à mes côtés. Pouvoir vivre cette aventure ensemble, en tant que deux femmes, est très important. Nous avons aussi été inspirées par tellement de musiciennes extraordinaires qui nous ont donné envie de croire que c'était possible. Alors merci à elles. Et une pensée toute particulière pour Stevie Nicks.
Mollie McGinn : Oui, totalement. Et je pense que tout le monde devrait soutenir davantage les artistes féminines. Quand on regarde les statistiques, les hommes écoutent principalement des hommes. Les femmes aussi écoutent majoritairement des hommes. Il est donc essentiel de continuer à faire vivre cette scène et de soutenir les artistes féminines et non binaires chaque fois que c'est possible.



La Face B : Une dernière question. Au-delà de votre musique, quel impact aimeriez-vous que Dea Matrona laisse aux gens ? Qu' aimeriez-vous qu'ils ressentent apres vos concerts ?
Mollie McGinn : Se sentir sexy. En ayant confiance en eux. En ayant le sentiment d'être vus. Et, surtout, heureux.
Orláith Forsythe : Oui... J'aimerais simplement que les gens aient envie de faire ce qu'ils aiment. La vie est courte. Je me souviens parfaitement de notre premier jour de busking. Nous sommes restées assises dans la voiture pendant presque une heure. On se disait : « On ne peut pas sortir... tout le monde va nous regarder. » On avait tellement peur.Puis, finalement, on a sauté le pas. Et je ne l'ai jamais regretté.
Mollie McGinn : Alors si vous avez envie de faire quelque chose... Faites-le. My Own Party, et finalement une grande partie de cet album, parlent de confiance en soi et de la recherche de son identité. J'espère que les gens repartiront de nos concerts avec suffisamment de confiance pour oser être eux-mêmes et faire ce qui les rend heureux.
La Face B : C'est un très beau message d'espoir. Merci beaucoup, Orláith et Mollie. Ce fut un véritable plaisir de vous rencontrer.
Dea Matrona : Merci beaucoup ! On a passé un super moment ! Et merci pour ces excellentes questions.
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Version en Anglais
La Face B: Hello Dea Matrona, very good to meet you. how are you today? How was the promo?
Orláith Forsythe: Good but we are very hot. We've been told that this is actually the colder week.
La Face B: I'm going to start the interview with a bit about you. So, you met because a teacher basically forced you to perform together. You were competing against each other in a school talent show. Looking back, it's funny how this small decision kind of completely changed the trajectory of your lives. So, if that teacher hadn't made that decision, where do you honestly think Orlaith and Mollie would be today?
Mollie McGinn: I think Orlaith would be a pretty good guitar teacher. Oh. Because you were doing a lot of the traditional guitar teaching. That's what Orla wanted to do. And I was studying maths. So, maybe a cutting? Anyway, we are your new favourite manufactured band. And that is a true story. Enjoy.
Orláith Forsythe: We did actually meet the teacher since at our show. He came to our Belfast show. And I didn't realise he was there, but we said on stage, you know, it's so nice that we're here and how we started and everything. And then he came to Merch after to buy a T-shirt. Oh, that's so cool. Yeah, it was nice because he got to hear the story of the teacher.
La Face B: But I think it's also like flair because you've got really solid harmonies, you know? Especially in the first album, you've got really strong harmonies. And he must have sensed something that you would be stronger together.
Mollie McGinn: The musical chemistry is strong, but at this time, we actually very much disliked each other. Yeah, no. We were enemies. I was not happy to be doing this talent show with Orla. I also was very bitter that Orla got to choose the song that we did. It is something that we fought about. And actually, after this talent show, we did not talk for a while because I was very angry that Orlaith picked a song that I didn't like.
La Face B: And did you win that talent show?
Mollie McGinn: No. Okay. Okay. We did not. Okay.
La Face B: So you've known each other from school, but you grew up as musicians together as well. Songwriters and producers now. How has your relationship evolved creatively? And just out of curiosity, how did you make up later? You stopped not being enemies.
Mollie McGinn: It took a lot of time. It took a lot of time. Even when we were playing together, we weren't as close as we are now. It was very... Well, it started.
Orláith Forsythe: There was a good competitiveness between us. And it was because there wasn't a lot of people in our school that kind of wanted to do what we're doing at the minute, like playing guitars and things like that. So it spurred us on in the beginning to want to get better and want to write songs. And if Molly was learning a difficult guitar piece, I would want to learn a difficult guitar piece. Do you know what I mean? So in the beginning...
La Face B: Challenging each other.
Orláith Forsythe: Yeah. It was very healthy in the beginning. And I feel like a lot of our creative relationship is kind of like that. It's like we inspire each other and we encourage each other as well.
Mollie McGinn: And I was too scared to go busking by myself. And I thought that I needed some money and that Wille might go with me. So at the start, it was very much a business agreement. And it worked because during our teenage years, we didn't have to get part-time jobs because we were able to use money we made from busking. Then, from those busking gigs, we had people come up and book us for weddings and garden parties.
After that, we started doing pub gigs once a week when we were in school. And then when we left school, we had quite a lot of regular slots, which meant we were sometimes doing five to six gigs a week and we were still busking every weekend. But it meant that at that time period, we didn't have time to really focus on our original music because we were very much a covers band.



La Face B: how has your relationship evolved creatively? So from covering bands, as you said, to writing your own songs. You have a lot of chemistry in the way that you sing together, but writing might be a bit different.
Orláith Forsythe: Well, we write music together and that's something we have done since day one, is write songs together. I remember actually writing our first song together and it just felt like a real kind of spark. It felt like you have Lennon and McCartney and Abba and stuff that write songs together. And I could see why people like writing with another person.
It just felt really, really nice. And it's something we continue to do. And yeah, especially producing together. That's something that's happened like in the recent years where we're actually able to produce our own music now, which has added a whole different level to our creative partnership, if you will. And yeah, it's very exciting and it keeps things fresh as well, that we're able to continue to work together in that way.
La Face B: When you start producing, did you learn on the go?
Mollie McGinn: Yeah. It was very much trial and error. And I think if you listen back to our earlier stuff, you can hopefully hear some regression because I didn't even know that mixing was a thing or anything like that. So it was very much like, let's just stick it all into the focus right and see what comes out. And then we would just put it up on Spotify. And then it took a lot of years to get good at it.
But I think we initially wanted to start recording ourselves because we did go to a producer, but then we realised that it was actually very expensive. And we wanted to try and work towards doing an album and stuff, but we didn't have any back end at that time. So it was very much like we want to make music and this is what we're going to try and do.
La Face B: Regarding songwriting, it's like when we listen to your song, there's not an obvious songwriter. You know what I mean? Like, for example, if you take The Last Shadow Puppets, you can see which song is written by Alex, which one is written by Miles. But you don't always, with your songs, it's a blend. So how do you, because you both sing, write, produce, and even swap instruments. Yeah. How does a song really begin for you? Do you start with lyrics? Do you start with melody? One starts something and the other one completes, or you just sit together?
Mollie McGinn: It's different every time and it's very collaborative. And it's actually interesting because a lot of our songs will be about one of our experiences more than the other ones, or it'll be one of us has kind of brought that idea or feeling and then we try and sort of interpret it together.
But when we are recording a song, we'll record a take of both of us singing it and then we'll choose who sings it the best. And we're like quite honest with each other in that sense. But it does mean that sometimes we end up singing a song from the other person's perspective. Orlaith will be on stage singing a song about my experiences or vice versa. We don't really necessarily say whose experience it was. Yeah. And we think that's exciting.
La Face B: Because sometimes it's easier to have someone else say your words because it's a bit more detached instead of being really in it and reliving the same thing on the song. So you've written, recorded and produced everything yourselves. So I know you said it was expensive so you started producing, but it's also giving you complete creative control about how a sound is in your head and comes to life. How do you know when a song is actually finished instead of endlessly tweaking it?
Orláith Forsythe: That's something that's very difficult for us to stop whenever we are producing our own music. You can't just keep going on and on with an idea. But I think time and having a break from the songs is very important when you're producing your own music. You need to kind of take a break and listen back and then that gives you a better sense of what it needs or what it doesn't need. But it can be very difficult to just call it on a song when you're producing yourself. Sometimes it feels finished as well. You have a thing like, yeah, it feels complete. But sometimes it's always like if you're a perfectionist you will always try and find the little details and try to add stuff. Yeah.
Mollie McGinn: This is where me and Orla can disagree because I am more the one who wants to keep going and doing more takes whereas Orlaith is more laid back in the studio than me.
La Face B: Every band has songs that become milestones. When you listen back to 2020, Make You My Star, what do you hear today?
Mollie McGinn: I personally cringe and I would cringe at a lot of our earlier stuff. I think that's like one of the hardest parts about kind of discovering yourself in the public eye and putting yourself out there that a lot of time I do get embarrassed when I watch back past videos or listen back to our earlier songs because I didn't really know how to mix very well or that's something that we struggle with.
La Face: I see two young girls like full of energy and I don't know. As a spectator, I see two musicians trying to find their way and putting themselves out there. I guess that it's difficult when you look at yourself younger and just like.
Orláith Forsythe: Oh, yeah. I mean, we were definitely trying to find our way at that time. We hadn't really a clue what we were doing.
Mollie McGinn: Yeah, I don't like watching myself back in general, especially older myself.
La Face B: But your repertoire grow so much over the last few years and it's really interesting to hear evolutions for songs like Red Button or So Damn Dangerous even stuck on you. So looking back now, do these songs feel like snapshots of different chapters of your lives?
Orláith Forsythe: Definitely. I mean, so many different songs of ours are really personal to me and I think for me when I think of songs like Glory Glory, I always remember like the first time we did a UK tour and the first night we got on stage. I think it was sold out in Leeds or something. The whole audience started singing the song and I just, I lost it. Like we'd never had that experience before. So it's moments like that are just really nice to look back on, you know.
La Face B: It feels like a proper point in time when you can actually pencil it.
Mollie McGinn: Exactly. And even it was really cool recently to see like So Damn Dangerous started to do well online.
La Face B: Yeah, it really picked up on Spotify. It's nearly as big as Red Button.
Mollie McGinn: Yeah, and it seemed to really connect with a lot of queer audiences we noticed who really latched on to that one. It was great to see a lot of queer people and females in the crowd. Even at our Stockholm gig when we played So Damn Dangerous, we saw like two women kissing during So Damn Dangerous, which we thought was cool. And I like that song because it does make me feel sexy when I sing it.
La Face B: It is very sexy. I love Red Button. I really enjoy it because first I love the harmonies. Yeah. I like the way it blends, the voice blend. it's a feel-good song and I like that it's about things that you shouldn't be doing. Yeah. But you do it anyway.
Dea Matrona: Yeah.
La Face B: So was there a real life story behind it? Red Button?
Orláith Forsythe: Yeah. Red Button was like an anger at the state of the world at that time it was written. And, you know, almost from a female's perspective as well. I think like you're often told, no, no, don't be angry or like, you know, sit back, don't say anything. So that was kind of our like angst in that situation as well. You're being told to kind of like listen to yourself and you should be angry, you know. There's things to be angry about.
La Face B: I think it's very, it's a very powerful song for young girls. And you spoke about So Damn Dangerous. I like the swagger in it. Where did that confidence come from? Because you said you feel sexy, but the confident, the song is confident. It is. You feel quite confident when you listen to that song. Was that inspired by someone? Were you creating a character?
Mollie McGinn: A lot of the time to get confidence, I have to pretend to be someone else. And I feel like a lot of the time in earlier songs, even when I was writing, I would try and get into the headspace of another person. So I feel like, especially even in the new album, that's something that I've found easier to do is try and be more authentic to myself. And I feel like So Damn Dangerous was just really about trying to feel sexy because to me things like happy and sad are sexy, are like more emotions rather than like a physical. It's like pretty and ugly. It's like more to a feeling than an adjective.
La Face B: Do you watch Euphoria?
Dea Matrona: Yes.
La Face B: Yes. There's a sentence from Maddy that she says, you know when she's putting makeup on Lexi? She said, oh, I just feel ridiculous. And I said, how did you get so confident? And she said, because they don't know. They don't know you. So you can pretend whatever you like. And I thought Maddy was spot on because she was like you can be whatever you want. They don't know you. So, and I thought it was like, okay, it changes perspective to just, you know, and I felt quite empowered.
Mollie McGinn: I felt quite empowering as well. And I find like empowerment through music, like sometimes singing songs that sort of project sexiness when you don't actually feel sexy yourself can make you feel more sexy.
Orláith Forsythe: Absolutely. Yeah. But that point you made about Maddie and euphoria, like that's so much of what our album's about, is that like my own party in particular, our song is that feeling of like, you know, thinking people are watching you and what if I'm not good enough or what if, and it's just at the end of the day, not caring and just like, you know, winging it, doing it, you know, it's all about taking a risk and just like being true to yourself, I suppose.
Mollie McGinn: I think as women we're taught to not take up space as well and to sort of shrink yourself sometimes to meet the expectations of someone else, whether it's like that girl from school or a family member. So this album, a lot of it was trying to sort of be more authentic and find like your own confidence.
La Face B: Well, we're going to talk about that new album. So you've said that for your sins, introduce Dea matrona while Hate that I Care tells people who you really are. So who are we meeting on this record? And how do, if you had to introduce hate that I care to someone who's never heard your music before, how would you describe it with your own words?
Mollie McGinn: It's hating that you care so much about negative things that are happening in the world, hating that you care so much about someone who mightn't even notice you and just trying to find yourself and maybe struggling with your own identity.
La Face B: Okay. Did you hear about the book, The Art of Not Giving a Fuck?
Orláith Forsythe: Yeah. Ross talks about that. Our drummer loves that book.
La Face B: It was on second hand. I was trying to find it because it's really difficult to find English book in France. And I was trying to find it. And there was this lady that was selling it from Ireland. She wrote "I didn't like it. I guess I give too many fucks". I thought it was really funny. But I love that the fact that you have a book that says The Art of Not Giving, because it is an art. Yeah. The same way that you said like, I hate that I care. I wish I wouldn't, but I do.
Mollie McGinn: Because I'm someone who cares too much and has very strong feelings when it's love or when it's politics and it's being consumed by negative events or obsessing over someone to the point where it's bad for yourself. So hopefully some people can hear this album and relate to that feeling of being a very obsessive person.
La Face B: especially with the news, the news in general is very depressing, but it's really time-consuming and it creates anxiety in the way that they talk about stuff. And that, you're completely submissive to it.
Mollie McGinn: At the same time, I think it's so important to be aware of what is going on, especially when you are an artist who has a platform. And a lot of this album was being more aware of the world around us and not being afraid to speak about it, because at times we had shied away from even conversations about sexism and stuff, where we would just kind of smile and not know what to say. Whereas this album is very much like we are aware of what's happening and we're writing songs about it. Like with a rebel song, we were writing about genocide in Palestine and the struggles of our own country. And in Aisling, we were talking about male violence against women.



La Face B: This album and all the topics that you mentioned, really shows that this album is a lot more vulnerable than your previous work. There's still, there's plenty of rock attitude. I like the intros of most of the songs because I think that there's a layering of richness between melody and the voice posing, which is very different from the previous, the first album.
Dea Matrona: Yeah.
La Face B: This album has generally much more guitar, string, guitar chords, intros. It's a start to a storytelling, if you see what I mean. I thought it was a lot more rich musically. Songs explore insecurity, self-doubt, the feeling of not always belonging as well. this topic can relate to so many people. There was a song In my own Party, if you read The Great Gatsby, it's that, there's a passage of that. He's organising these massive parties and he's just on the top of his balcony watching it. He's completely out of it. He made me think of The Great Gatsby.
Mollie McGinn: Totally. It's like even sometimes when you're on tour, we love meeting people after the shows, but sometimes it's very much like, can I have a photo? You can feel like you're very lonely, even in a big crowd.
La Face B: Absolutely. Was it difficult to let yourselves write about those emotions so openly?
Orláith Forsythe: No, I felt like making this album was very cathartic because we didn't have any expectation going into it. And just being able to be more open and willing to express ourselves more was very relieving. And I think that's why so many of the songs are personal and vulnerable, like you say.
Mollie McGinn: I think this is one of the differences between us because I do find it hard to be open and not really naturally. Okay. I don't like being open naturally. But you find it easier in songwriting? Yes. I find it easier with Orlaith
La Face B: One noticeable difference in that album are the melody and dynamics, as I mentioned before, in a very different way from the album For Your Sins. Was that evolution something you consciously pursued? Or did the songs naturally lead you there?
Mollie McGinn: When we were writing these ones, we were thinking about melody a lot more. We were actually writing a lot of the melody first. I remember we were writing together and coming up with guitar riffs and then writing the melodies on pianos and guitars. We were very conscious of trying to think of cooler melodies and riffs. It was something that we were trying to do.
La Face B: The intros. You can see the difference musically from the intro of the song. There's a lot more space for the guitar to come in.
Orláith Forsythe: I think that's what we enjoyed when we were making this album. The first album took a lot longer to write. It wasn't really about one sort of period in our lives. It was quite spread out. But this album was very much written and recorded within one year, so it was a bit more biographical.
La Face B: I want to deep dive into three songs.Hate that I Care. It's an internal conversation. Molly, you said it was written as a letter to yourself. Did writing this song become therapeutic in some ways? Or did you just put it on paper?
Mollie McGinn: Yeah, especially writing this sort of thing together with Orla, too. It's very personal, and we do treat it as sort of like a therapy session. It was definitely about struggling with yourself and your identity and trying to come to terms with that. It was written from a pretty dark place of isolating, I would say, for months and being nocturnal.
So, after we came back from our November tour, last year I started going to bed at 11 a.m. and getting up really late, which was pretty crazy because this was when we were in the thick of making this album.
La Face B: Then I wanted to dive into John Doe. I think it's probably one of the darkest songs that you've written emotionally and musically. Why did that story require a heavier sound?
Orláith Forsythe: John Doe? It definitely was one of the darkest ones. It was inspired by us watching the Magdalene sisters. Yeah. Is that what it was called? Yeah. On tour, we didn't actually realise this after, but a lot of it was inspired by things like Backstreet Abortions and Catholic guilt and the Magdalene sisters in Ireland and having to hide a secret that would get you ostracised from your community. So, this is definitely one of the more darker topics on the album.
La Face B: And Aislinn, it feels incredibly cinematic and personal. Can you tell us about the story behind that song and why you had to be part of that record?
Orláith Forsythe: Aislinn, it's the longest song we've ever put out. It's very vast and I really like it. It might be one of my favourites from the album, but the story behind Aislinn, it was about a close friend that Mollie had. Maybe you'd be better actually to tell the story.
Mollie McGinn: Yeah. So, it was about the negative experiences of a close friend and then the aftermath of going through something really bad and having bad mental health struggles and then maybe feeling like we couldn't really do that much to help.
La Face B: favourite on the album, it's, so he's My Own Party and John Doe, but I thought Aislinn was really powerful. And it was really dark and he took a lot of space. I want to talk about the live, the live performance, because you're on tour, and you've gone from busking on the streets of Belfast to sharing stages with Sting, Bryan Adams, Sheryl Crow, and The Darkness in Paris. What did you learn from touring with a band or artist that mastered the art of making rock feel both huge and fun? Because these are artists, especially Justin Hawkins. I mean, the guy, I mean, but Sheryl Crow is fab as well, very charismatic. But what did you learn from touring with these people?
Orláith Forsythe: I mean, every time we tour with people, like you've said, you learn something, everyone is so different. Whether that's like how they work a crowd, or just how kind some of them are to you, or, you know, just to watch them do their thing is so important. And we've learned so much. And I'm so grateful that we've been able to play with so many of these legends. I mean, like Sheryl Crow is one of my heroes. So Sting, The Beachers is like, it's just a real honour for us to be able to play with these people and tour with them. Yeah, we're really excited to be getting to tour with or support Wolf Alice. So that'll be a really fun one too.
La Face B: She's a female lead, and she's very empowering. And it's funny, because she's very quiet off stage, she's quite quiet as well. So it's, you can see that the duality of becoming someone else coming on stage, the confidence that you were talking about. Your instrument swapping has almost is part of your signature.Yeah. Does it still keep concert exciting for you?And how did that happen?
Orláith Forsythe: So it happened because when we started busking, my first bass was really heavy. And we would play and we, you know, I've been playing the bass, I said, Can you play the bass? It's so heavy.
And then it just it started from there. But it's funny, because now in the band, we have Declan, who plays guitar with us, is a left handed guitarist. But for one song, Magic Spell, I really want to just sing with no instrument. So he plays my right handed bass upside down. So it's three people swapping now. And you should see our cables in the middle of the stage, are tangled. So we're working on a situation with the wireless cables.
Mollie McGinn: But it's not something that's actually important. Just like we're actually have been trying since we started to select a role. But it's just we haven't. But we're always like, you just play bass, I'll play guitar. And then it's somehow switches just happen.
Orláith Forsythe: But it's quite funny, because people will come up to say, Oh, I thought the bassist was great. Or like, we, we don't know who the bassist is. We don't know who the guitarist is. We don't really know.
La Face B: It's all blurry. I know the Lemon Twigs on stage. There's a song from Brian Daddario, "till the Morning". And they all swap the four of them. The drummer takes the guitar, Michael Daddario take the drums, and they swap and it's fantastic because it's very unsettling. I saw that in the 90s when they forced Muse to play playback. So they forced Muse to play playback on the TV and they refused. So, they swapped.
Orláith Forsythe: And Nirvana did that. Yeah. Molly's a drummer. So I'm trying to get her to drum.
La Face B: There you go. When you're not making music, where do you find inspiration? Are there books, films or podcasts that have influenced your songwriting recently?
Orláith Forsythe: Well, recently, it's been pretty busy touring. But I think my biggest sense of inspiration is when I can go home. I live in a village. It's an hour from Belfast. It's called Dundrum. And it has the most beautiful mountains. And it inspired C.S. Lewis to write The Lion, The Witch and the Wardrobe. So it's very beautiful. So when I can, I just get like a lot of inspiration from going home, going for walks, you know, that sort of thing.
Mollie McGinn: I do get inspiration from movies and TV that I watch and also just from relationships with people I have in my life. And I think my favourite TV show is Game of Thrones. And actually, the arrangement for Siren Song was inspired by the scene where Cersei Lannister walks up the circus. So that is an example in the album of an inspiration for TV.



La Face B: And just for fun, if one character, one fictional character could attend a Dea Matrona gig, who would you hope to see on the front row?
Mollie McGinn: That's a good question. Cersei Lannister. Yeah, with the one. There you go.
Orláith Forsythe: If you're going Cersei Lannister, just because, you know, why not? I'm gonna go Miranda Priestley, Devil Wears Prada, because I feel like they would like even each other out. And then it would make me perform better. I'd be scared. It would make me nervous in a good way to like want to perform well, because I could see them you know, judging. Yeah, probably.
La Face B: And as two women leading your own band, writing, producing and making every creative decision yourselves, do you ever feel you're helping redefine what a modern rock band can look like?
Orláith Forsythe: Yeah, I think it's so great to see so many female artists coming up. We just need to support that and encourage that more. I'm very grateful to have Molly all the way, you know, just being able to do this together as two women is so important. And I mean, we've been inspired by so many amazing females as well that made us feel like we could do this. So shout out to them, Stevie Nicks.
Mollie McGinn: Yeah, totally. And I think it's important for everyone to support female music as well, because if you look at the stats, men mostly listen to men, females mostly listen to men. So it's important to keep the scene alive and also do support like female and non-binary artists when you can.
La Face B: And my last question is beyond the music itself, what kind of impact would you like Dea Matrona to leave? Or how would you like people to, how do you want people to leave your show?
Mollie McGinn: Feeling sexy, feeling confident, feeling seen, feeling happy.
Orláith Forsythe: Yeah, just do what you want. Life is short. I think just, I mean, we were so scared to do this in the beginning. I remember so well, like the thought of going busking, we sat in the car for like an hour before and we're like, we can't go out there, people will see us. We were so scared and then we just took that leap of faith. And I haven't regretted it.
Mollie McGinn: So if you want to do something, do it. Yeah, like my own party and stuff is about empowerment and trying to find yourself. So hopefully people can come away and find some confidence to do things that they want to do and be themselves.
La Face B: That is a very good message of hope for everybody. So thank you very much. It's been a pleasure, Orlaith and Mollie.
Dea Matrona: Oh, thank you so much. Good fun! Good questions!